Groupe 5 : Prévention, Sécurité, Défense

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Bienvenue sur le récapitulatif des contributions des militants des Verts dans le cadre du programme des municipales concernant le thème de la prévention et de la sécurité à Paris.


Il faut bien évidemment évoquer le contexte actuel : rapport Benisti, étude Inserm, Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance, discours sécuritaires, etc. On voit clairement les fondements d’une politique de sécurité et de « prévention » fondée sur une idéologie ultra-libérale de responsabilisation à outrance des individus et dédouanant notre système social.

On reproche souvent aux Verts de ne pas reconnaître les souffrances des victimes de l’insécurité voire même de les nier et de faire de l’angélisme sur les questions de sécurité et d’insécurité. Mais qui est angélique ? Ceux qui postulent que l’insécurité et les violences tombent du ciel, ou ceux qui prétendent qu’elles trouvent leurs racines dans l’insécurité sociale produite par notre société ? Insécurité sociale en matière de citoyenneté, de logement, d’urbanisme, de précarité et de chômage, bien sûr. Dès lors que l’on se penche sur les problèmes d’insécurité ou de sentiment d’insécurité, c’est bien cette multitude de thématiques qu’il faut envisager.

Il faut donc parler d’exclusion, d’accès aux droits (logement, santé, travail, culture), de lutte contre les discriminations et d'amélioration du cadre de vie. Il faut ensuite parler d’un mieux-vivre ensemble, dans le respect de tous et toutes, dans les quartiers qui composent nos arrondissements. Rendre acteurs les citoyens sur ces questions c’est aussi, en amont, répondre aux attentes, parfois aux souffrances. Pour cela, il faut faire connaître les différentes actions menées par les associations, les institutions, les équipes de prévention. Mais également innover, être audacieux : chercher avec tous - institutions, associations, habitants - les solutions qui contribueraient à l’amélioration de la vie dans nos quartiers, dans notre ville, dans notre société. Cela signifie aussi un travail avec la police qui ne soit pas uniquement répressif. C’est cette philosophie qui doit guider notre action politique.


Propositions


Sommaire

Gérer en commun le territoire et améliorer le cadre de vie

Sécurité routière

Volet préventif Sécurisation des trajets :

  • Mise en place de Plans de Déplacements Ecole afin d’assurer des parcours scolaires sécurisés, accompagnés d’aménagement des points dangereux (élargissement des trottoirs, peinture au sol, liaison avec les transports, dos d’ânes, quartiers verts…) et amélioration de la signalisation routière (feux, panneaux…).
  • Mise en place d’accompagnements des personnes âgées.
  • Opérations de « fausse verbalisation » afin de sensibiliser les auteurs d’infractions. Poursuite et élargissement des actions de sensibilisation et d’information en direction des jeunes : interventions au sein des établissements scolaires (MPC, RATP, auto-écoles, ANPAA). Sensibilisation dans les bars et discothèques : plaquettes d’information, numéro de téléphone des compagnies de taxis, d’associations organisant du co-voiturage Création d’emplacements de stationnement pour les 2 roues (motorisés ou non).

Volet répressif

  • Renforcement des contrôles routiers (vitesse, alcoolémie et franchissement des feux rouges) et de la verbalisation du stationnement illégal.
  • Renforcement de la verbalisation des deux roues motorisées en circulation sur les trottoirs et sur les pistes cyclables et en stationnement illégal (sur les trottoirs…).
  • Sensibilisation des directeurs d’écoles, des ALMS, des gardiens pour signaler tout stationnement illégal. Mise en place de TIG sécurité routière.

La prévention situationnelle

La prévention situationnelle ou prévention « passive » vise à agir sur l’environnement urbain (architecture, lumière, amélioration du cadre de vie, sécurisation des accès, etc.) afin de prévenir les situations pouvant engendrer de l’insécurité. Elle vise à modifier ces circonstances et à rendre moins vulnérables les « cibles » potentielles de délit tout en rassurant les usagers.

8 principes d’aménagements peuvent être retenus :

  • La visibilité : en tout lieu, l’objectif à atteindre est de voir et d’être vu grâce à des dégagements visuels qui éliminent ainsi les endroits cachés et les lieux « pièges ».
  • La surveillance naturelle : la fréquentation de l’espace, sa composition rendent possible une surveillance naturelle, sorte de co-veillance, qui doit dissuader le délinquant et rassurer l’usager.
  • La socialisation, les activités : l’interaction sociale favorisée par l’environnement urbain encourage l’utilisation de ces espaces, de même que le développement de multiples activités, la mixité des usages contribuent à l’animation urbaine et sont des facteurs dissuasifs et sécurisants.
  • La territorialité : les usagers développent un sentiment d’appartenance à l’espace et se l’approprient, ce qui facilite la surveillance naturelle.
  • La lisibilité : la hiérarchie spatiale, une définition claire des lieux permet une bonne orientation et réduit les zones de conflits.
  • Le contrôle naturel des accès : par des techniques architecturales et paysagères, il dissuade l’accès aux cibles potentielles.
  • Le paysagement : l’éclairage, le mobilier urbain, la végétalisation, la signalétique participent à la sécurisation de l’espace public.
  • Le garant de l’espace : les dégradations matérielles entraînent un sentiment d’insécurité et de permissivité face à la petite délinquance. Le « garant des lieux » doit être réactif aux caractères dépréciateurs de l’espace.
  • La systématisation des marches exploratoires. Le but de ces marches est de mettre en lumière, au propre et au figuré, des lieux particuliers qui procurent un fort sentiment d’insécurité, de réfléchir à des aménagements qui les rendent moins anxiogènes. La réflexion doit porter à la fois sur des aménagements de voirie autant que pour certains lieux par de la présence humaine.

En favorisant la participation citoyenne

Participation des associations et des habitants à la production de sécurité et de prévention Les associations, du club de prévention à l’association de quartier, ont une connaissance des territoires, des gens incontournables. De la même façon, les habitantEs sont des relais d’informations, ont une parole particulière et il est nécessaire de les associer, de les écouter.


Prévenir la délinquance des mineurs

Par le biais de la prévention primaire (CAS, école...)

La prévention primaire est, comme son nom l'indique, le premier pas d'un dispositif de prévention. Il ne faut pas confondre ce type de prévention avec ce qui est appelé "prévention précoce" et qui a déjà pour but de répondre aux premiers signes de délinquance avérée. Il s'agit bien ici de "prévenir". Il faut encore les développer, essentiellement dans le domaine des conduites à risques et dans celui des atteintes à l'intégrité physique et sexuée. (Voir aussi les chapitres consacrés à la lutte contre les discriminations et à la santé).

Par le biais de la prévention spécialisée

Trente années après sa reconnaissance officielle, la prévention spécialisée constitue un mode d’action éducative en direction des jeunes et des groupes de jeunes en voie de marginalisation ou déjà marginalisés dont les finalités et le contenu restent encore trop méconnus et parfois incompris. L’action de la prévention spécialisée s’inscrit dans le respect des principes de non-mandat nominatif, de libre adhésion, de respect de l’anonymat, et de non institutionnalisation des pratiques. Des rencontres régulières sont à mettre en place au niveau de chaque arrondissement. Elles ont pour objet l’évaluation des besoins des équipes, les difficultés rencontrées, un échange sur la situation des jeunes en difficulté. Mais surtout, ces rencontres doivent se faire dans un souci constant du respect des principes fondateurs de la prévention spécialisée.


Prévenir les conduites à risques et les violences

Prostitutions

Le phénomène prostitutionnel est un phénomène complexe qui recouvre des réalités très diverses, il est donc nécessaire de le comprendre pour mieux l’appréhender et répondre aux besoins des personnes prostituées et aux interrogations des riverains. Les femmes et hommes qui en vivent (que l’on parle de prostitution traditionnelle, de « traite » des êtres humains, ou de prostitutions occasionnelles) doivent être reconnus comme des citoyens à part entière. La législation française a une position abolitionniste face à l’activité prostitutionnelle, c’est-à-dire un refus de toute réglementation de la prostitution. Ainsi, il n’existe aucun droit spécifique à cette activité. Les prostituéEs sont censées bénéficier des dispositifs de droit commun, mais en pratique certains obstacles bloquent cet accès aux droits élémentaires.

Dans ses recommandations, le rapport sur la prostitution à Paris, propose de s'appuyer sur l'expertise des acteurs et intervenants de terrain pour la mise en œuvre des actions et d'informer les habitantEs des actions mises en œuvre.

  • Il est nécessaire de mettre en place des coordinations spécifiques aux phénomènes prostitutionnels. Il faut partir du principe que le dialogue, l'échange et l'écoute sont les fondements de toute politique de prévention et avoir pour objectifs de permettre une meilleure connaissance du phénomène par territoires, d'impulser une mise en réseau des acteurs et enfin d'associer et d’informer les habitantEs sur les réponses apportées par la municipalité. L’un des premiers objectifs de la coordination doit être de travailler sur les préjugés du grand public, de permettre une meilleure visibilité et compréhension des actions entreprises.
  • Il faut également y associer tous les services concernés de la Préfecture de police - P.U.P., U.S.I.T., B.R.P - car depuis la mise en application de la L.S.I. et la mise en place de l’U.S.I.T., il est de plus en plus difficile pour les associations d’assurer le suivi social et sanitaire des personnes prostituées.

Toxicomanies

La question des toxicomanies est toujours d'actualité ; c'est une question politique, une urgence sanitaire. Une véritable politique en matière de toxicomanie ne doit pas se résumer à une réponse sécuritaire, elle doit être à l'articulation de 5 politiques publiques, une politique de sécurité publique mais aussi une politique de santé publique, une politique sociale de lutte contre les exclusions, une politique de la jeunesse et une politique de rénovation urbaine. Les toxicomanies résultent et confortent des situations d’exclusion et de précarité pour les toxicomanes eux-mêmes. Elles peuvent par ailleurs être génératrices de délinquance et alimenter le sentiment d’insécurité des habitants. Et surtout, en finir avec la focalisation quasi maladive sur la consommation de cannabis mais bel et bien envisager que les conduites addictives ont évolué, qu’il s’agit maintenant de pluri-toxicomanies dont la principale est due à l’alcool…

Les objectifs à atteindre doivent être les suivants :

  • Impulser une mise en réseau des acteurs en matière de prévention et de réduction des risques.
  • Créer des synergies entre les acteurs pour favoriser une meilleure complémentarité et efficacité des actions.
  • Permettre une meilleure visibilité et lisibilité des actions entreprises.
  • Informer au sujet des moyens de prévention existants et des missions des différentes structures travaillant dans ce domaine.
  • Sensibiliser aux questions touchant les conduites à risques.
  • Sensibiliser les Conseils de Quartiers.
  • Développer les interventions dans les établissements scolaires (notamment dans les collèges) et les diversifier autant dans le choix des intervenants (pas seulement la Police !) que dans les sujets évoqués (pas seulement le cannabis !).

Les violences faites aux femmes

En France métropolitaine, en moyenne, une femme meurt tous les quatre jours des suites de violence au sein du couple. Dans un contexte généralisé d'attaques contre les droits et de régression sociale, il est indispensable d'affirmer que les violences faites aux femmes ne sont pas à reléguer au rang de "faits-divers". Lutter contre les violences faites aux femmes, c'est agir pour l'égalité femme/homme, c'est agir contre toutes les formes de sexismes, c'est agir contre toutes les formes de violences genrées.

  • Renforcer les aides aux associations
  • Développement de campagne de sensibilisation et d’information qui incitera les femmes victimes de violences à porter plainte et à entreprendre des démarches auprès des associations.
  • Mise en place de personnel « référents » pour l’accueil des victimes dans les commissariats.
  • Augmentation des enquêtes de victimisations plus précises et plus fréquentes.
  • Accentuer le rôle des associations dans les collèges et lycées
  • Obtenir, pour tous les délits, des statistiques genrées : la Préfecture de police se décidera-t-elle enfin à mieux coopérer en publiant régulièrement les données concernant les femmes victimes de violences ?
  • Renforcer les formations pour les agents chargés du premier accueil dans les mairies d’arrondissements qui sont souvent le premier endroit où les personnes se rendent afin d’obtenir des informations, des conseils.


2.1.4. Sécurité

Les Contrats Locaux de Sécurité, le Contrat Parisien de Sécurité

Contrairement à la logique de l’outil, précepte cher aux écolos, il faut "dénaturer" cet outil et le rendre plus conforme à nos propres attentes. La mise en place d’un CLS se fait sous la houlette du Maire, et donc de l’adjoint en charge de la délégation. Il permet de réunir autour de thématiques tous les acteurs de la prévention et de la sécurité d’un territoire donné. Prendre en compte le cadre de vie doit relever d’un contrat Local de Sécurité, pareil pour les discriminations ou les conduites à risques. Le CSA s’inscrit dans une triple exigence : être à la fois un relais des priorités définies au niveau parisien, tout en correspondant le plus parfaitement possible aux exigences du terrain et aux besoins d’un arrondissement. Il s’agit de favoriser une meilleure coordination entre les dispositifs existants et les compétences dans un esprit d’approche globale des problématiques repérées. Ce principe d’action globale serait illusoire s’il n’était pas appliqué dans un esprit de collaboration et de proximité du terrain entre tous ceux et celles qui peuvent collaborer en faveur de la prévention et de la sécurité.

La Préfecture de police : un interlocuteur ?

Bien sûr, la politique de la préfecture de police dépend du Ministre de l’intérieur. Et nous ne pensons pas qu’il doive en être autrement. Cependant, il n’en reste pas moins que lorsqu’une collectivité verse de l’argent à une structure, de quelque nature qu’elle soit, cette collectivité est en droit d’attendre, en échange, un minimum de partenariat, de services... Or, nous le voyons tous les jours, dans les arrondissements et au niveau parisien, la Préfecture de Police « néglige », et c’est un euphémisme, la participation aux instances mises en place, ne répond pas aux sollicitations d’interventions émanant des mairies d’arrondissement, répond d’une façon souvent négative aux demandes en matière de circulation et de voirie. Et certaines interventions vont même à leur encontre. Ainsi, nous souhaitons mettre en place des partenariats avec la PP pour :

  • Augmenter la surveillance des points-écoles les plus dangereux
  • Renforcer la présence d’agents de circulation sur les lieux posant problèmes
  • Améliorer l’accueil des agents présents dans la rue
  • Renforcer la répression envers les automobilistes et les deux-roues motorisés qui ne respectent pas le code de la route.

Une police municipale à Paris ?

Lorsque l’on voit les dégâts que peuvent causer certaines interventions policières sur un territoire, on se prend parfois à souhaiter avoir la haute main sur un service d’ordre. Le PS parisien l’a dit sur tous les toits, sur tous les tons, il n’y aura pas de police municipale à Paris. Cependant, on voit apparaître au sein des différentes directions de la ville, ici un corps spécialisé dans la répression des incivilités dans les jardins, là un renforcement d’un corps des inspecteurs de sécurité, là la création d’un nouveau service de surveillance, on vote des subventions à une structure montée par les bailleurs destinée à la surveillance des ensembles immobiliers, on supplée à la sécurisation des points écoles, etc. Ainsi, pour obtenir des résultats et avoir une visibilité globale des différents corps et services existants au sein de la Ville, l'idéal serait de les rassembler sous la responsabilité d'une seule et même direction qui aurait également pour mission de faire savoir aux éluEs et aux parisienNEs les différentes attributions des personnels, leur rôle respectif et leur effectif.


[Annexes] Sur www.paris.lesverts.fr : Contribution de Véronique Dubarry.