Groupe 4 : Emploi, économie, décroissance

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Bienvenue sur le récapitulatif des contributions des militants des Verts dans le cadre du programme des municipales concernant le thème de l'emploi et de la décroissance à Paris.


Sommaire

La conversion écologique de l’économie parisienne


Paris, c’est 10 % de chômage et 12,5 % de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté. Mais Paris c’est aussi 6,5 millions de tonnes équivalent carbone émises chaque année, soit 10 % des émissions de gaz à effet de serre nationales. Des émissions qu’il sera nécessaire de diviser par 4 d’ici à 2050 si nous ne voulons pas compromettre l’avenir de la planète. Alors comment concilier, ou plutôt conjuguer ces deux objectifs : réduire l’empreinte écologique parisienne et permettre aux Parisiens qui le souhaitent d’accéder à un emploi stable et décent ? Réponse : en mettant en œuvre la conversion écologique de l’économie parisienne.

Les priorités actuelles du développement économique à Paris, c’est la volonté d’accroître toujours plus l’attractivité de la Ville par rapport aux autres métropoles européennes, de développer toujours plus d’activités à haute valeur ajoutée, alors même que ceux qui sont aujourd’hui le plus durement touchés par le chômage sont les personnes les moins qualifiés, de concentrer toujours plus d’emplois au sein de l’agglomération parisienne, contraignant les franciliens à des temps de trajet domicile-travail de plus en plus longs et augmentant toujours plus l’empreinte écologique de la ville.

La conversion écologique de l’économie, ce n’est pas la touche environnementale apportée à une politique de développement économique qui continuerait à produire, comme aujourd’hui, toujours plus de précarité et d’inégalités, sans souci des conséquences sur l’environnement, c’est au contraire un changement de logique pour remettre l’économie au service de l’homme et de son environnement, en suivant cinq principes directeurs :

  • La lutte contre la précarité : La politique de développement économique de la Ville de Paris doit se donner comme priorité de lutter contre le chômage, mais aussi contre l’abus des CDD, Intérim, des CNE, des temps partiels subis, qui créent du salariat pauvre. La Ville a les moyens d’intervenir, notamment dans des secteurs très fragilisés comme les services à la personne.
  • La réduction de l’empreinte écologique des activités économiques, par le développement des éco-filières, mais aussi par une politique d’aménagement du territoire concertée au niveau régional qui vise à réduire les temps de transport domicile-travail,
  • Le respect du choix des personnes : leur choix de métier, de parcours professionnel, mais aussi le choix de ne pas travailler ou de travailler moins,
  • Le questionnement de l’utilité sociale et environnementale de nos productions. Aujourd’hui, il est possible de sortir de la croissance à tout prix, de la consommation sans frein, pour reposer la question du sens, et développer une économie qui réponde réellement à nos besoins : plus de liens, moins de biens !
  • La reconnaissance et le soutien aux formes alternatives d’économie, et notamment l’économie sociale et solidaire, qui aujourd’hui invente au quotidien un autre modèle de développement, plus démocratique, plus respectueux de l’homme et de son environnement.


Propositions

Créer 15 000 emplois dans les éco-filières

Créer de l’emploi, et réduire l’empreinte écologique de l’économie, c’est possible !

Pour les Verts, l’une des priorités est de développer les éco-filières, et avant tout les éco-filières préventives, un secteur écologiquement utile qui présente un potentiel très important de création d’emplois. Paris dispose de deux atouts déterminants pour devenir un territoire pilote pour le développement des éco-filières : la taille de son marché et son caractère d’incubateur naturel des activités innovantes, lié à l’importance de son bassin d’emploi et aux possibilités d’échanges que permettent les grandes métropoles.

Pour les Verts, le développement des éco-filières présente un double intérêt :

  • Permettre le développement de technologies ou de compétences qui ont vocation à transformer l’ensemble de l’économie et ses modes de production ;
  • Développer sur Paris de l’emploi écologiquement utile, qualifié (dans les métiers de l’éco-conception par exemple) et moins qualifié (dans l’isolation thermique ou les transports durables …)

Les éco-activités représentent aujourd’hui entre 45 et 50 000 emplois en Ile-de-France. La plupart de ces activités sont des activités curatives (traitement des déchets, traitement des eaux, etc ..), mais les dix filières éco-industrielles préventives représentent déjà aujourd'hui en Ile-de-France environ 14.000 emplois, dans des activités aussi diverses que le recyclage et la valorisation des déchets, le bâtiment écologique et l’isolation thermique, l’éco-mobilité (services vélos, auto-partage, transport fluvial, livraisons en véhicules non-polluants), les énergies renouvelables…

Le potentiel de création d’emplois Le potentiel de création d’emplois des éco-filières n’est aujourd’hui plus à démontrer. Il est aujourd’hui possible, avec une politique active de soutien à ce secteur, de créer 36 000 emplois en Ile-de-France, dont 15 000 à Paris. C’est un cinquième du nombre de demandeurs d’emplois parisiens actuels. Ces emplois seraient créés dans des TPE/PME innovantes spécialisées, mais aussi dans des PME du bâtiment et des entreprises aux activités plus diversifiées.

Quels leviers pour soutenir le développement des éco-filières à Paris ?

  • Soutenir ce secteur, c’est d’abord soutenir la demande, notamment par une politique d’achats publics qui prenne en compte les critères environnementaux, par une politique environnementale ambitieuse qui prévoit une aide aux particuliers qui isolent leur logement et qui ont recours aux énergies renouvelables, et qui lance pour le bâti social un grand plan d’isolation thermique. C’est bon pour la planète, ça améliore le confort de ces logements, cela allège leur facture d’électricité et cela crée de l’emploi !
  • C’est aussi faire de Paris un territoire pilote en matière d’éco-filières en favorisant la création d’entreprises dans des pépinières et des coopératives d’activités, en levant le principal frein au développement des entreprises à Paris : l’accès à l’immobilier par la création d’hôtels d’entreprises spécialisés, en structurant le secteur au sein d’un système productif local, doté de moyens suffisants, tourné vers l’innovation et la formation à ces nouveaux métiers. De nouveaux métiers que nous voulons ouvrir à tous et notamment à ceux qui sont aujourd’hui les plus éloignés de l’emploi. C’est d’abord à eux que notre politique de formation et qualification s’adressera.


Pour une politique systématique d’achats publics eco-responsables

Avec un budget d’achats publics de l’ordre de 600 millions d’euros et un budget d’investissement qui dépasse le milliard d’euros, l’administration parisienne est un acteur économique déterminant pour l’économie locale. Pour répondre à l’urgence tant environnementale que sociale, la Ville de Paris doit veiller à ce que ces dépenses, comme l’ensemble des politiques de la collectivité, s’inscrivent toutes dans le même objectif, celui du développement soutenable.


De nombreuses initiatives ont déjà été prises depuis 2001 en matière de clauses sociales et environnementales dans les achats publics. Sur le plan environnemental, l’objectif est de minimiser les impacts lors de la fabrication, de l’utilisation ou de la fin de vie des biens achetés, ou lors de l’exécution des marchés de services et travaux. Sur le plan social, la force d’achat de la Ville doit être utilisée pour aider les personnes les plus fragiles (insertion, secteur protégé...) et les entreprises développant des pratiques sociales responsables (commerce équitable, …)

Le temps est venu de la systématisation de l’achat durable, quel que soit le type de dépense.

À Paris, les Verts s’engagent pour une politique d’achats publics éco-responsables ambitieuse qui aura un double objectif :

  • Faire de la Ville un acteur exemplaire en matière de fonctionnement et de consommation éco-responsable
  • Favoriser la conversion écologique de l’économie locale, et notamment le développement des éco-filières, et l’introduction de nouveaux modes de production et d’approvisionnement dans l’ensemble de l’économie

Compte tenu du volume des budgets parisiens, notre politique d’achats éco-responsables aura de plus un effet levier structurant pour certaines filières nationales équitables ou éco-responsables, qui seront amenées à changer d’échelle pour répondre à la demande.

Nos propositions

  • Intégrer systématiquement des objectifs de durabilité dans chaque achat de la Ville de Paris. La seule limite à ce principe doit être l’impératif de continuité du service public. Dès lors, en fonction de l’offre du marché et des risques de procédures infructueuses, ces clauses doivent être au minimum des possibilités pour les prestataires (cas d’une offre très rare sur le marché) et tendre le plus possible vers une obligation d’exécution ferme. Par exemple, rien ne justifie plus aujourd’hui que tout le papier acheté par la collectivité ou utilisé dans les travaux d’impression, ne soit pas en matière recyclée non-blanchie.
  • Rechercher toujours le mieux disant social et environnemental. La Ville de Paris doit en permanence rechercher l’exemplarité dans ses achats en ne se contentant pas d’appliquer les dernières normes entrées en vigueur. Ainsi, les contrats impliquant des véhicules (achats, prestations de transports, livraisons…) doivent rechercher les motorisations les plus performantes disponibles sur le marché au moment de la passation du contrat. De même, le respect de la réglementation énergétique (RT2005) dans le bâti doit systématiquement laisser place à des objectifs plus ambitieux (RT 2005 – 20%).
  • Créer un indicateur carbone des achats afin d’arbitrer entre les différentes contraintes environnementales (circuits courts, agriculture biologique…)
  • Systématiser les clauses d'insertion en fixant aux prestataires des objectifs annuels (taux de sortie vers des contrats de travail en CDI…), et en mettant en place des dispositifs de contrôle de l’effectivité de la démarche d'insertion
  • Introduire des clauses d’emploi (obligation de recrutement en fonction du montant de la commande) en partenariat avec les PLIE, dans certains marchés de travaux pouvant offrir des profils de postes pérennes adaptés aux demandeurs d’emploi.
  • Systématiser le choix des filières équitables ou éthiques pour les achats textiles, les objets promotionnels, les cadeaux et certains produits alimentaires.


Pour réussir, la Ville de Paris mettra en œuvre un dispositif d’accompagnement de la démarche d’achat éco-responsable pour :

  • Préparer en amont les appels d’offres : étudier le marché et les fournisseurs pour allotir les appels d’offres de façon à permettre aux acteurs locaux de répondre, et pour introduire des clauses réalistes compte tenu de l’offre existante
  • Accompagner les prestataires. Ceci suppose notamment la mise en place d’outils de recrutement et de formation nécessaires pour que les entreprises retenues puissent remplir leurs obligations de recrutement ou d’insertion.
  • Suivre et contrôler les marchés. Une cellule de suivi sera mise en place de façon à s’assurer que les clauses d’exécution des marchés sont réellement remplies par les prestataires. Des partenariats seront également noués avec des ONG pour vérifier que l’ensemble de la filière de production remplit les conditions éthiques ou équitables mentionnées dans le cahier des charges.

Cette politique entraînera nécessairement un surcoût au moins à court terme. Les Verts défendront une augmentation des budgets d’achats liés à l’intégration de clauses sociales et environnementales. Cependant pour que ces démarches puissent être généralisées, elles seront couplées avec une maîtrise des consommations (énergies, papier,... ) qui permettra de compenser le surcoût unitaire, de supprimer les dépenses inutiles.

Cette politique d’achats eco-responsables trouvera son prolongement auprès des particuliers par une promotion active de la consommation citoyenne avec la mise en place :

  • D’un guide et d’un site Internet de la consommation citoyenne sur Paris
  • D’un observatoire des pratiques des entreprises, en partenariat notamment avec les associations spécialisées.


Pour un développement économique parisien soutenable

Eco-conditionnalité de la politique de développement économique

Soutien à l'immobilier d'entreprises, aides au financement des entreprises, aides au développement de filières par le soutien à des réseaux d'entreprises, etc... les outils de la Ville de Paris dans le domaine du développement économique sont nombreux.

Pour mettre en cohérence ces aides avec un objectif de développement soutenable de la Ville de Paris, mais aussi pour faire partager aux acteurs économiques cette ambition, la Ville doit éco-conditionnaliser l'ensemble de sa politique de développement économique : il s'agit d'intégrer des préoccupations à la fois sociales et environnementales dans l'attribution des aides directes et indirectes. Cette démarche doit permettre de réduire l'empreinte écologique de l'économie parisienne, et d’en améliorer les pratiques sociales.

Deux leviers :

La Ville de Paris doit fixer des conditions minimales devant être respectées pour bénéficier de son soutien. Concrètement, il s'agit de refuser de soutenir des activités qui ne seraient pas écologiquement soutenables et socialement responsables : pas d'aides au financement à des entreprises qui auraient des activités polluantes, liées aux OGM, au nucléaire ou à l'armement ; pas d'aides à l'emploi pour des emplois qui ne seraient pas pérennes, ou dans une perspective d'insertion ; pas d'aides à des entreprises qui ne remplissent pas leurs obligations en matière de rapport « égalité professionnelle », soutien à des projets d'immobilier d'entreprises uniquement lorsqu'ils sont construits ou rénovés en respectant des critères de Haute Qualité Environnementale.

Le second levier est d'apporter un soutien renforcé aux activités ou aux démarches écologiquement et socialement responsables :

  • sur l'immobilier d'entreprises, les projets dont la démarche est remarquable d'un point de vue environnemental (bâtiment à énergie positive, ...), ou qui contribue au rééquilibrage territorial en faveur des quartiers les plus en difficulté seront favorisés;
  • les aides au financement pour la création d’entreprises ou l'innovation seront abondées pour les projets portant sur des filières porteuses d'innovation écologique ou sociale
  • le soutien aux réseaux d'entreprises sera renforcé lorsqu'ils mettent en oeuvre une démarche particulière en faveur de l'égalité professionnelle, du management environnemental....

Les pôles de compétitivité, dont la part dans le budget développement économique est importante (6 millions d'euros en 2006) devront faire l'objet d'une attention particulière : comme pour les autres axes de développement économique, le soutien aux projets sera conditionné à des critères environnementaux et sociaux. Ainsi, il ne saurait être question de soutenir par ce biais l'industrie d'armement, ni l'industrie nucléaire.

Pour un tourisme soutenable Secteur économique de premier plan, avec 26 millions de touristes à Paris en 2005 (1 million de plus qu’en 2004), 27 millions d'euros de taxe de séjour et 11% des emplois parisiens, le tourisme est aussi une source de pollutions et d'émission de gaz à effet de serre importante. Sur les 11 millions de tonnes de carbone émises par la ville, 4,5 millions le sont par les touristes, essentiellement au travers du trafic aérien - un trafic qui augmente régulièrement, avec une progression de près de 5% encore en 2006. Dans une démarche de développement soutenable, les priorités sectorielles de la Ville de Paris doivent changer : plutôt que d’encourager la croissance du tourisme, le soutien public doit se concentrer sur des secteurs comme les éco-filières et l’économie solidaire, fortement créatrice d’emplois. Et l’action publique dans le secteur du tourisme doit être consacrée à diminuer son impact environnemental et à améliorer ses pratiques sociales.

Pour réduire l'empreinte écologique de Paris, il est nécessaire d'agir pour réduire celle des touristes. En matière de tourisme, la Ville joue essentiellement un rôle d'accueil et d'information envers les visiteurs. C'est sur ces fonctions qu'elle doit s'appuyer pour promouvoir des comportements plus respectueux de l'environnement. Mais aussi en sensibilisant tous les métiers liés au tourisme pour qu'ils promeuvent eux-mêmes un meilleur souci de l'environnement.

Les actions à mener sont nombreuses et diverses :

  • Trier les déchets, même en vacances : grâce au développement de poubelles « tri sélectif » dans les parcs et jardins, cette idée progresse...mais il reste encore beaucoup à faire ;
  • Promouvoir l’utilisation du train pour venir à Paris, pour les touristes venant d'Europe (91% de la production de carbone des touristes vient du transport aérien) et limiter le recours à l'avion ;
  • Poursuivre la politique de promotion de l’usage des transports en commun dans Paris et dans toute la région Ile de France ;
  • Sensibiliser à la limitation des emballages, notamment dans la restauration rapide ;
  • Limiter l'utilisation des sacs plastiques dans tous les commerces ;
  • Réduire, voire supprimer les échantillons dans les hôtels (en sensibilisant les clients à la pollution démesurée qu'occasionne ces échantillons au regard de leur utilité)
  • Mettre en place une charte du tourisme durable à Paris, et labelliser les établissements participant à cette démarche

De l'emploi dans le tourisme, certes, mais il faut développer de l'emploi de qualité Le secteur du tourisme concentre 11% de l'emploi salarié parisien. Mais ce sont trop souvent des emplois précaires, de courte durée, sans formation, sans qualification. La Ville de Paris a une responsabilité forte à développer la formation des salariés, en incitant les employeurs à inscrire leurs employés dans les parcours qualifiants. Dans les structures qui dépendent de la Ville, elle doit se donner les moyens de favoriser des parcours cohérents, malgré la saisonnalité des métiers du tourisme, notamment en articulant emploi et formation sur l'année, en travaillant avec les Maisons de l'Emploi sur cette question. Enfin, en matière d'emploi, il s'agit également de favoriser la création de nouveaux métiers, de nouvelles fonctions, autour de la sensibilisation et de l'action pour un tourisme soutenable.

Un tourisme responsable c'est aussi un tourisme qui prend en compte et s'intéresse à Paris dans toute sa diversité, avec les habitant-e-s qui font vivre la ville au quotidien En la matière, il s'agira de poursuivre et amplifier la politique entamée en faveur du tourisme participatif (chambres d'hôtes et partenariats associatifs pour faire découvrir des quartiers méconnus, aller à la rencontre des habitants). Les projets associatifs portés par les habitant-e-s devront en particulier être soutenus.

Le tourisme d'affaires : un secteur non prioritaire à écologiser d'urgence ! Les touristes d'affaires représentent la moitié des 26 millions de visiteurs. La Ville de Paris s'est lancé dans une politique de soutien aux foires et salons : elle cherche à attirer le maximum de congrès, salons, foires, partant de l'idée qu'ils créent de l'activité économique et de l'emploi. Certes, mais ce type d'activités est, encore plus que le tourisme de loisirs fortement générateur de pollutions et de nuisances, et créateur d'emplois précaires. Qui plus est, pourquoi attirer encore sur Paris ces événements, dans une logique de compétition entre les territoires, essentiellement entre les capitales européennes ? Enfin, il est possible d'imaginer des systèmes alternatifs aux congrès et salons classiques, grâce aux nouvelles technologies.

Pour les Verts, cette politique d'attractivité des foires, salons et congrès à Paris doit cesser. Si politique municipale il doit y avoir en la matière, elle doit permettre de faire en sorte que ces salons, congrès et foires soient plus respectueux du cadre de vie des Parisien-nes et de l'environnement en général. Il faut donc mener une politique qui allie mise en place de règles strictes et incitations fortes (notamment dans le cadre du partenariat de la Ville de Paris avec Promosalons). Il faut engager les salons et congrès dans une démarche de développement soutenable : limitation de la vaisselle en plastique, des moquettes à durée de vie limitée, des sacs plastiques distribués à profusion, pour aller vers des salons et congrès où la documentation serait dématérialisée au maximum, où la restauration sera faite à partir de produits issus de l'agriculture biologique...

Les hôtes et hôtesses des salons et congrès sont trop souvent embauchés à la tâche : il faut encourager là aussi des emplois plus stables, avec des conditions de travail correctes et un souci porté à l'insertion et à la formation des personnes. Ce secteur doit aussi contribuer à développer l'économie sociale et solidaire : les entreprises d'insertion sont nombreuses dans les champs d'activités auxquels ont recours les organisateurs de congrès, salons ou foires : nettoyage, restauration, ... La Ville de Paris doit se donner comme objectif d'encourager le recours à ces entreprises d'insertion.

Enfin, il faut aussi travailler avec les organisateurs de salons, mais surtout avec les gestionnaires de lieux de salons, foires et congrès pour encourager fortement le recours aux transports en commun non polluants pour leurs participants, pour venir à Paris mais aussi une fois à Paris. Le Parc des Expositions est l'exemple le plus saillant des nuisances fortes causées aux habitants du fait d'un recours excessif à la voiture, mais d'autres lieux parisiens en souffrent aussi. Des actions sont déjà menées par la RATP (billets couplés), mais il s'agira d'aller vers des mesures plus ambitieuses, comme des plans de déplacements pour les lieux de foires, salons, congrès, à l'instar des Plans de déplacement des entreprises. Il s'agira aussi de travailler à la sensibilisation des participants aux alternatives au transport aérien, notamment pour celles et ceux venus d'Europe.

Penser le développement économique de Paris dans sa région

Paris compte 1,6 fois plus d’emplois que de population active. 60 % des salariés travaillant à Paris viennent de banlieue ou de province. Et cette tendance ne fait que se renforcer avec la reprise de la création nette d’emplois sur Paris.

Pour un développement soutenable de l’agglomération parisienne, Paris doit inscrire son développement économique dans une perspective de polycentrisme régional. Pour améliorer la qualité de vie des franciliens dont les temps de trajets deviennent de plus en plus longs, pour diminuer l’empreinte écologique de la région, il faut rapprocher les emplois des lieux d’habitation, et favoriser la création d’activités économiques dans des pôles d’emplois franciliens, dont on renforcera la desserte en transports en commun.

Renforcer le commerce de proximité

Quel est le premier poste d’émission de gaz à effet de serre dans le bilan carbone d’un hypermarché ? Le déplacement des clients ! Face à cet urbanisme d’hypercentres commerciaux basé sur le tout-automobile, les Verts soutiennent le commerce de proximité de nos quartiers, facteur de renforcement des liens sociaux, d’animation des quartiers parisiens et de respect de l’environnement.

Et contrairement aux idées reçues, la réduction de la place de l’automobile en ville ne nuit pas au commerce de proximité. Seuls 7 % des clients font leurs courses en voiture, et toutes les opérations de diminution du transit automobile ont permis une revitalisation des commerces dans les quartiers concernés. En libérant l’espace public au profit des piétons, des cyclistes et des personnes à mobilité réduite, on donne en effet une meilleure visibilité et accessibilité aux commerces et on répond à la demande des habitants qui bénéficient alors du calme et de la commodité de la proximité pour faire leurs achats en toute sérénité.


Services à la personne : réduire la précarité de l’emploi, améliorer la qualité de vie de tous

Le secteur des services à la personne (auxiliaires de vie, gardes d’enfants, professeurs à domicile….) est amené à créer plus de 16 000 emplois dans les années à venir sur Paris. Développer les services à la personne, c’est créer une société plus solidaire et plus harmonieuse : maintien à domicile des personnes âgées, développement des gardes d’enfants pour permettre l’activité des femmes, … Mais ce secteur est aussi le premier à générer des travailleurs pauvres, souvent à temps partiel subi, avec des possibilités d’évolution de carrière limitées. L’amélioration de la qualité de vie des uns ne peut se faire au détriment de celle des autres.

Or la Ville joue un rôle structurant dans ce secteur, par les aides qu’elle verse aux particuliers en complément des crédits d’impôt, par sa fonction de médiation entre particuliers et prestataires (plateforme d’appels …), par le rôle qu’elle peut jouer dans la construction des parcours professionnels et les passerelles qu’elle peut créer vers les services publics parisiens (santé, personnes âgées, petite enfance). Elle a donc la responsabilité de contribuer à la structuration et à la professionnalisation de ce secteur, qui aujourd’hui reste dominé par les structures mandataires et le gré à gré, générateurs de précarité. Les salariés des services à la personne doivent au contraire pouvoir exercer leur activité dans des structures collectives qui leur assurent une qualification et une évolution professionnelle.

L’économie sociale et solidaire est extrêmement présente depuis toujours dans ce secteur, par les associations d’aides à domicile, le secteur médico-social, les entreprises d’insertion. Elle doit constituer un point d’appui pour une politique sectorielle parisienne.

Les Verts soutiennent un développement des services à la personne qui permette la création d’emplois stables et décents au sein de structures collectives.

Nos propositions :

  • Conditionner les aides aux particuliers à l’emploi de salariés à plein temps, ou d’associations ou de coopératives prestataires, qui salarient les travailleurs dans des conditions de temps de travail, de formation et de salaire décentes ;
  • Donner également priorité à ces structures dans les plates-formes de mise en relation offre-demande, sous la forme d’un label « Ville de Paris » qui reconnaissent ces structures pour la qualité de leur service et les conditions sociales qu’elles appliquent à leurs salariés ;
  • Permettre aux demandeurs d’emploi qui s’orientent vers ces structures de valider ce choix par une expérimentation en milieu professionnel,
  • Construire des parcours qualifiants pour les personnels de ces secteurs qui puissent déboucher vers des métiers qualifiés (éducateurs jeunes enfants, auxiliaires de vie en institution, aides-soignants, métiers de la construction, …) notamment dans le service public ;
  • Permettre l’accès de tous aux services à la personne par la mise en place de modes de solubilisation ouverts aux ménages les moins aisés, sous forme de tiers payant.


Accompagner le choix de parcours des demandeurs d'emploi

La politique d’accompagnement des demandeurs d’emploi à Paris doit en finir avec la culpabilisation du chômeur. Celui-ci n’est en rien responsable du déséquilibre entre l’offre et la demande d’emploi.

Pour cela, il faut :

  • Consolider le service public de l’emploi dans ses missions
  • Favoriser notamment dans les structures d’accompagnement où la municipalité est présente (maison de l’emploi, plan départemental d’insertion) l’approche qualitative, en supprimant les objectifs quantitatifs qui servent le plus souvent à laisser sur le bord du chemin le chômeur dit « non employable ».
  • Renforcer les moyens humains et financiers de toutes les structures recevant des chômeurs
  • Permettre à ces structures de pouvoir proposer des offres et donc d’être impliquées dans la recherche d’emploi dans toutes les formes d’activités : économie traditionnelle, économie solidaire, économie sociale, associations
  • Lancer un grand chantier sur la rénovation de l’outil de formation initiale et formation continue. Bien que la compétence fonctionnelle dépende de l’Etat pour les lycées professionnels et les universités, et que la formation des adultes relève de la région, il n’en reste pas moins que le bénéfice de ces missions incombe aux municipalités et départements, une politique coordonnée entre Paris et la région Ile-de-France pour rénover l’outil de formation proposé aux Parisiens est nécessaire.
  • Mener des actions (seul ou avec d’autres acteurs) pour lutter contre les discriminations dans l'emploi (sensibilisation des employeurs, facilitation des signalements)
  • Désenclaver les dispositifs d’insertion pour permettre des parcours d’accueil et de formation dans un cadre qui permette de renouer avec l’activité professionnelle.

Pour le chômeur lui-même, son suivi et la validation de ses compétences devront prendre en compte non seulement son parcours professionnel, mais aussi son parcours associatif ou ses activités qui constituent de vrais potentiels, pour déboucher sur des propositions d’emplois ou une réelle formation complémentaire. Ses choix de parcours doivent être respectés, et l’orientation vers les métiers en tension ne peut en aucun cas revêtir un caractère contraint. En ce qui concerne le rôle des mairies d’arrondissement, un soutien leur sera apporté pour développer des forums locaux thématiques qui sont un lieu d’échange et de rencontre, et qui favorisent la mise en place de réseaux et l’insertion des demandeurs d’emploi.


Economie sociale et solidaire : changer d’échelle !

L’Economie Sociale et Solidaire (ESS) fédère toutes les structures qui par leur statut (associations, coopératives, mutuelles) ou par leur activité (environnement, commerce équitable, insertion, agriculture biologique, accompagnement social, …), démontrent la possibilité d’un développement économique solidaire, basé sur d’autres critères que la seule rentabilité financière. Un secteur qui se donne comme finalité, au-delà des performances économiques, l’épanouissement des salariés ou l’utilité sociale et environnementale de l’activité. Un secteur en plein développement qui représente 10 % de l’économie régionale, et qui répond à des besoins sociaux croissants non couverts par le marché. Parce que les initiatives de l’ESS sont créatrices de richesses autres que financières, productrices de citoyenneté, de lien social, de solidarité, parce qu’elle constitue une alternative concrète au « tout-libéral » et qu’elle est porteuse de nombreuses créations d’emplois potentielles, l’économie sociale et solidaire est un élément clé du projet économique des Verts.

Or, l’engagement de la ville de Paris en faveur de ce secteur n’est pas aujourd’hui à la hauteur des enjeux. Les budgets sont faibles - de l’ordre de 4 millions d’euros en 2006– et très majoritairement consacrés à l’insertion et aux régies de quartier. L’économie sociale et solidaire ne doit pas être cantonnée au rôle de « voiture-balai » du libéralisme. Elle doit être reconnue à sa juste place, partie intégrante d’une économie plurielle. Paris ville-capitale peut et doit donner une visibilité nationale aux initiatives d’un secteur dont le caractère professionnel et innovant n’est plus à démontrer. Le nombre de porteurs de projet témoigne de la nécessité d’apporter un soutien à une forme d’entrepreneuriat qui répond aux aspirations d’une grande partie de la population, qui souhaite « entreprendre autrement » et donner un sens à son activité professionnelle.

Il est temps de reconnaître à Paris l’économie sociale et solidaire comme secteur à part entière de l’économie, dans sa spécificité et sa diversité, au-delà du seul secteur de l’insertion.

La reconnaissance du secteur de l’économie sociale et solidaire, passe notamment par la création d’une délégation, dotée d’une direction propre et d’un budget a minima deux fois supérieur à celui consacré jusqu’à présent à ce secteur. L’enjeu est bien ici de changer d’échelle et non pas de soutenir une économie de niche.

L’effort réel engagé en faveur des entreprises d’insertion et des régies de quartier, dont 9 auront vu le jour d’ici à la fin de la mandature, doit être poursuivi. Le Plan parisien pour l’économie solidaire, mis en place sous l’impulsion des Verts, doit être considérablement amplifié, et les mesures concrètes qu’il porte, notamment sur la facilitation de l’accès à l’immobilier des structures de l’économie sociale et solidaire, doivent être consolidées.

Au-delà de ces premières mesures, le changement d’échelle passe aussi :

  • Par la prise en compte de l’économie sociale et solidaire dans les outils généralistes du développement économique: accueil et accompagnement des créateurs d’entreprises, soutien financier, pépinières et hôtels d’entreprises. Cette prise en compte nécessitera une formation spécifique des intervenants et la mise en place d’objectifs suivis dans les différents dispositifs;
  • Par la création d’outils spécialisés, notamment un guichet unique pour orienter les nombreux porteurs de projet au sein des dispositifs existants (financeurs solidaires, accompagnement au sein des réseaux ESS). La multiplicité et la complexité des dispositifs de soutien et de financement sont soulignés par tous les acteurs, et cette logique de guichet unique a également été retenue comme principe directeur du Centre régional de ressources de l’Economie Sociale et Solidaire. Le projet de guichet unique parisien pour les porteurs de projets de l’ESS devra s’articuler, voire s’adosser, à ce projet régional.
  • Par le soutien aux réseaux coopératifs et d’insertion, avec une attention particulière portée à la transmission en Scop des PME dans la perspective du départ à la retraite de nombreux dirigeants-fondateurs d’entreprises. Les Verts proposent de créer un fonds de soutien à la transmission en SCOP qui soutiendra les opérations de transmission à hauteur de 1 euro pour chaque euro apporté au capital de la SCOP par les salariés,
  • Par la création de lieux-phares sur Paris gérés par des structures d’économie sociale et solidaire, qui donne une visibilité à ce secteur,
  • Par le développement d’une formation aux enjeux et à la gestion de l’économie sociale et solidaire, dans les structures de formation initiale (Universités et grandes écoles) et de formation professionnelle pour adultes, et par la sensibilisation du grand public à la découverte de ce secteur méconnu, notamment au travers d’évènements médiatiques sur le modèle des Ecosolies réalisées à Nantes ;
  • Par le soutien au développement des Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC) dans lesquelles la Ville pourra entrer au capital,
  • Par une politique volontariste de développement des Coopératives d’Activités et d’Emploi (CAE) sur Paris, qui répondent au besoin d’accompagnement des porteurs de projet (notamment les demandeurs d’emploi) souhaitant développer leur activité dans un cadre collectif et mutualisé.
  • Par une participation active au développement des monnaies solidaires, notamment au travers du projet SOL.

Les Verts appuieront également l’association de tous les acteurs de l’économie solidaire dans un inter-réseau

  • Associer tous les acteurs à la définition partagée du périmètre de l’économie sociale et solidaire,
  • Permettre une co-élaboration des plans de soutien sur la base de diagnostics précis, suivis et chiffrés,
  • Et renforcer le poids et la cohérence du secteur.

Pour soutenir de façon opérationnelle l’Economie sociale et solidaire à Paris, la question des locaux demande une attention particulière. En ce sens, les Verts proposent un dispositif d’abattement systématique sur les loyers dans les locaux détenus directement ou indirectement par la Ville de Paris, un soutien financier aux structures pour les avances et garanties à fournir aux différents bailleurs.

Enfin, la commande publique est un enjeu majeur, comme levier de développement d’un secteur en croissance. Il s’agit donc de mettre en œuvre, à la fois au niveau politique et administratif, une politique volontariste d’accès à la commande publique pour les structures de l’économie solidaire, par l’utilisation des clauses relatives à l’insertion professionnelle et à la lutte contre le chômage, mais également par une politique d’allotissement adaptée à la taille des structures ESS.


Décroissance : la société de consommation à Paris


La société de la décroissance est une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, qui se donne la justice sociale comme objectif. La critique anti-productiviste dont les Verts sont porteurs depuis leur origine implique nécessairement la préconisation d’une décroissance, ciblée sur des objectifs concrets. C’est une décroissance sélective, dont les champs d’application sont à déterminer, en alliant des critères d’écologie et d’équité sociale. Ce concept parle à l’imaginaire collectif - imaginaire colonisé à la fois par l’idéologie libérale ("consommez") et par l’idéologie "progressiste" (l’âge d’or de l’abondance pour tous est au bout des luttes sociales et de la domestication de la nature). La décroissance n'est ni une utopie, ni une fin. C'est plus « un mot d’ordre », un terme provocateur qui vise cette pensée unique du mythe de la croissance salvatrice.

Y compris à Paris, ce mythe est bien présent lorsqu'il s'agit de politique de développement économique. Les orientations du PLU expriment bien cette idée, bien répandue à droite comme à gauche : plus il y a de bureaux, plus il y a d'emplois, plus il y a de taxe professionnelle... C'est donc par la croissance qu'on résoudrait les problèmes de chômage et de budget de la ville. Or on sait que la réalité est tout autre et que cette équation ne tient pas :

  • On doit d'abord penser aux emplois utiles et durables
  • Plus d'emplois à Paris signifient de concentrer tout le développement à l'intérieur de Paris, forcément au détriment de la banlieue
  • La croissance (même « durable ») ne résout pas les problèmes d'inégalités, ni de pollution et ne nous exonère pas de notre responsabilité planétaire concernant l’effet de serre.
  • Le budget et la fiscalité doivent se penser avec pour objectifs une meilleure répartition des richesses et une solidarité avec la banlieue.

Ce mythe de la croissance qui guide les politiques économiques à une échelle locale, nationale ou internationale se base sur une société de consommation. Le moral des ménages n’est évalué que dans une perspective de consommation. Or quand on sait que 20% des habitants de la planète consomment 80% des ressources naturelles, la volonté de croissance économique d’une ville exceptionnellement riche comme Paris est d’autant plus incompréhensible.


Décroissance de notre empreinte écologique

  • Décroissance de l’économie des transports individuels polluants (construction de parkings, vente d’automobiles et de motos…), au profit de la marche, du vélo et des transports collectifs
  • Priorité à l’investissement dans les infrastructures de transports en commun
  • Décroissance du trafic aérien (refus du 3e aéroport, priorité au train)
  • Chasse aux gaspillages énergétiques (constructions…)
  • Limitation de la production de déchets : lutte contre le suremballage, les produits jetables, les prospectus dans les boîtes aux lettres, les sacs plastiques… réutilisation et récupération, ateliers de transformation, vides greniers…
  • Relocalisation de l’économie : encouragement des commerces de proximité, à l’achat local (productions d’île de France, AMAP…)


Alternatives au système consumériste

  • Des services publics gratuits et non-marchands

Les collections permanentes des musées municipaux, Paris-Plage, les jardins, le cinéma en plein air… autant d’espaces gratuits à préserver dans Paris, sans relation marchande… Ces zones de gratuité doivent être financées par le service public et ne pas dépendre de partenariats privés.

  • Développer des zones de non-achat :

Organisation de grands dons (vides greniers gratuits) Instaurer une journée sans achats de fermeture des boutiques et des grands magasins Maintenir la fermeture des magasins le dimanche et les jours fériés


Limiter les partenariats public/privé

Pour que les nombreux sponsors ne transforment pas les opérations municipales (comme Paris Plage ou Nuit Blanche) en foires commerciales, une charte des partenariats a été votée à notre initiative. La ville sera plus exigeante dans le choix des "partenaires" et dans le contrôle de ces partenariats. Il convient d’aller plus loin et de fixer une limite au recours aux sponsors. En effet, le recours aux sponsors et autres partenaires est devenu quasi-systématique pour les opérations et événements organisés par la Ville de Paris. Loin de constituer un simple apport complémentaire, la contribution de ces partenaires privés constitue parfois le principal apport financier de ces opérations.

Ainsi, pour "Paris Plage", l’apport des sponsors représente environ 90% du budget même de l’opération. Cette importante participation des entreprises au financement d’opérations municipales ne va pas sans risques ni sans contreparties. Les principaux risques sont la privatisation d’opérations municipales, l’atteinte à l’indépendance de la ville vis-à-vis des sponsors et le risque de dénaturer les événements concernés en opération commerciale voire en grande foire marketing.

Proposition :

  • Limiter à 30% du budget global, la part des partenaires privés dans le financement des opérations (hors SEM et sociétés paramunicipales).


Lutte contre l’invasion publicitaire

La publicité est omniprésente (dans les rues, à la télé, à la radio, au cinéma, dans les boîtes aux lettres, au café, sur les vêtements, à l’école…). Nous subissons chacun près de 3000 publicités par jour, et il est impossible d’y échapper.

L’affichage publicitaire a défiguré Paris et reste omniprésente dans l’espace public (mobilier urbain, bus, métro, voitures…). C’est d’ailleurs une forme de privatisation de l’espace public.

La publicité n’est pas seulement une pollution visuelle et sonore, elle est néfaste car elle pousse à la consommation, au mépris des réalités humaines, écologiques, et sociales, et quels que soient les risques sur l'environnement et les répercussions sur la santé (nucléaire, automobile, alcool, cigarettes...). L’idéologie véhiculée par la publicité est par ailleurs néfaste : sexisme, ethnocentrisme, culte de l'apparence, vitesse, compétition, violence… La perpétuelle frustration qu’elle engendre met les personnes en situation de dépendance. Elle est la partie la plus visible et caricaturale de notre société consumériste. Elle participe au gaspillage généralisé et détourne les besoins de communication des entreprises au profit des plus grosses. En effet, ce sont moins de 1000 entreprises qui se partagent 80% du marché publicitaire, preuve que le système publicitaire profite surtout aux grandes multinationales et à la grande distribution.

La publicité engendre par l’envahissement continuel de notre quotidien, la désinformation et la sous information des citoyens. Ainsi le système publicitaire participe à la marchandisation des esprits. Elle détourne la liberté d'expression au profit de la seule communication commerciale. L'affichage libre, par exemple, est ainsi réprimé au nom de la protection de l'environnement tandis que l'affichage publicitaire monnayé est une pollution acceptée (et même parfois adoptée) par les pouvoirs publics.

Nous devons lutter contre l’envahissement de la publicité commerciale, et redonner ces espaces à la nature, à l’information, à l’éducation, à l’expression libre, aux arts et à la culture.

Propositions :

  • Une réglementation plus dure concernant l’affichage publicitaire (Révision du Règlement Local de Publicité) :
  • Limitation de la taille des affiches de publicité au format 50 x 70 cm (comme ce qui est accordé aux associations) ;
  • Fixation d’une limitation du nombre de m2 d’affichage publicitaire par hectare (métro compris) ;
  • Suppression des pelliculages des bus et des taxis ; Interdiction des véhicules publicitaires
  • Protection des monuments historiques, des jardins et des écoles ;
  • Interdiction de la publicité animée (écrans) ou sonore dans la rue et dans le métro ;
  • Interdiction de toute publicité dans les écoles
  • La création d’espaces d’expression libre et artistiques
  • Une meilleure maîtrise des messages publicitaires : interdiction des publicités sur le mobilier urbain municipal qui seraient en contradiction avec notre politique (produits nuisibles à la santé et à l’environnement, publicités sexistes…)
  • La création d’une pollutaxe sur le principe du Pollueur Payeur, pour la publicité
  • Séparation du contrat d’affichage publicitaire et des vélos en libre-service.


Pour en savoir plus

Panorama des minima sociaux en Europe