Groupe 10 : Transports et déplacements
Un article de Wikiverts.
Bienvenue sur le récapitulatif des contributions des militants des Verts dans le cadre du programme des municipales concernant le thème des transports et des déplacements.
Les déplacements et l’espace public à Paris
Contribution du groupe programmatique n°10 aux rencontres pour une éco-ville du 1 er juillet.
Bilan de la politique des déplacements de 2001 à 2006
Un contrat de mandature qui a pour but 4 objectifs :
- Réduire la pollution
- Embellir la ville
- Rendre la ville accessible à tous
- Encourager l’activité économique
Un principe essentiel dirige la politique en matière de déplacements, il faut « redistribuer l’espace public aux dépens de l’automobile et au profit des transports en commun et des circulations douces ».
Depuis 2001, la politique mise en oeuvre par Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris, montre les résultats suivants :
- La circulation automobile a diminué de 15%
- La fréquentation du métro a augmenté de 8%
- La fréquentation du mobilien a augmenté de 3%
- L’utilisation du vélo a augmenté de 47%
De plus, les sondages indiquent que 78% des parisiens soutiennent cette politique des déplacements (questionnaire PDP) et 80% des franciliens sont favorables aux couloirs de bus (enquête STIF 2005).
1. Les propositions des Verts Paris pour les municipales de 2008
A. Etat des lieux: les méfaits du tout-automobile
La pollution de l’air fait chaque année en France plus de victimes que l’insécurité routière, l’effet de serre provoque des changements climatiques dramatiques et un trop grand nombre de citadins sont exposés à un bruit nocif pour leur santé.
La cohésion urbaine et sociale se heurte à l’insécurité routière (encore 50 morts en 2004 malgré une baisse continue depuis 2001) ainsi qu’à la consommation encore excessive de l’espace par l’automobile. La circulation automoble prive ses utilisateurs de la richesse des relations humaines qui font l'identité et le charme de la vie en ville. De ce point de vue l'automobile a réussit à stériliser certaines rues ou boulevards. Sa pratique réguliére accroit l'indifférence, l'agressivité et l'égoïsme de ses utilisateurs au détriment des liens sociaux et de la solidarité qui rendent possible la vie citadine.
Dans un contexte où le prix du pétrole ne cesse de grimper, les Franciliens restent dépendants de la voiture et consacrent une part excessive et croissante de leur budget à leur voiture. Parallèlement, une autre partie de la population, à Paris ou en banlieue, ne bénéficie pas d’un service public de transport suffisamment performant ou accessible pour étudier, travailler ou se divertir. Ce constat est accablant et résulte de plusieurs décennies de politiques du «tout voiture» menées par Pompidou, Chirac et Tibéri.
Paris, comme l’ensemble des villes européennes et contrairement aux agglomérations américaines, est une ville dense qui s’est construite sans l’automobile. L’ère de l’adaptation de la ville à l’automobile est bien terminée et personne n’envisage sérieusement un retour en arrière avec des projets d’autoroutes urbaines et autres «axes rouges».
La politique menée depuis 2001 par la municipalité parisienne est volontaire, réaliste et ambitieuse : réduire la circulation automobile, favoriser les bus, construire un tramway, créer des pistes cyclables, supprimer les autoroutes urbaines que constituent les axes rouges, créer des «quartiers verts» libérés du trafic de transit... Autant d’actions concrètes qui changent la vie et la ville.
Les premiers résultats de cette politique sont encourageants : en cinq ans, la circulation
automobile a diminué de 15%, la fréquentation du métro a progressé de 8%, celle des bus également. Les déplacements à vélo ont bondi de 47%. Des centaines de kilomètres de couloirs réservés aux bus, de pistes cyclables, ont été réalisés.
Mais il reste encore beaucoup à faire pour que Paris ne soit plus cette ville bruyante, polluée
et dangereuse. Le programme pour le municipales de 2008 doit être à la hauteur des enjeux,
pour dessiner le Paris de demain : une ville apaisée, respirable, conviviale et solidaire.
B. Augmenter l’offre de transports publics
La principale alternative à la voiture réside dans l’augmentation de l’offre en transports en commun. Même si Paris est déjà globalement bien desservie, l’offre reste insuffisante en heures creuses (en particulier en soirée et le week-end) et pour les liaisons avec la banlieue. La priorité pour Paris est donc de favoriser les liaisons banlieue - banlieue et banlieue - Paris. Ce n’est pas qu’une question de solidarité à l’échelle de la Région Ile de France. C’est aussi penser les transports parisiens, avec les collectivités voisines, autrement que dans les strictes limites du périphérique.
Propositions :
- Créer une rocade de métros, en proche banlieue (projet «Orbitale») et prolonger jusqu’à elle les lignes radiales (notamment 1, 4, 8, 11, 12, 13)
- Augmenter l’offre de transports publics en banlieue, notamment pour les liaisons de banlieue à banlieue
- Améliorer le réseau de métro : amélioration de l’offre sur la ligne 13, jonction des lignes 3bis et 7bis …
- Optimiser l’utilisation des équipements existants
- Créer un réseau de tramways dans Paris : poursuite de la rocade des Maréchaux pour faire le tour de Paris, ligne reliant les Gares parisiennes, ligne sur les quais hauts de la Seine en rive droite
- Augmenter l’offre de transports en commun les samedis, dimanches et en soirée
- Créer des couloirs de bus pour toutes les lignes parisiennes (généralisation du programme Mobilien)
- Faire des transports une priorité budgétaire de la Ville de Paris (augmentation de la subvention au STIF et investissements), en s’appuyant sur une augmentation des recettes du stationnement (augmenter le taux de respect et les tarifs du stationnement rotatif) et une taxation des véhicules les plus polluants
C. Des transports en commun pour tous
Face à l’explosion du prix de revient de la voiture pour les ménages, le droit au transport pour tous ne peut être garanti que par un service public assuré par les transports en commun. Pour rendre les transports en commun plus accessibles et plus attractifs, il convient de faciliter leur usage pour toutes et tous. !
Propositions :
- Mettre en place le ticket unique, valable pendant deux heures, toutes correspondances comprises et tous réseaux confondus
- Instaurer la gratuité de la carte orange pour les plus démunis (sous condition de ressources)
- Rendre le réseau de bus et de tramway 100% accessibles aux personnes à mobilité réduite; accessibilité des gares RER et SNCF aux personnes en fauteuil roulant; généraliser les annonces sonores des stations et arrêts
- Améliorer le confort thermique des métros et des bus, par la ventilation réfrigérée
- Améliorer l'aide financiére aux parents : le demi tarif est applicable aux enfants jusqu'à 10 ans et la carte imaginaire à partir de l'entrée au collége. Or de nombreux enfants ne rentrent pas dés 11ans au collége et pendant un ou deux ans ils se voientt appliquer le plein tarif "adulte". L'application du demi-tarif enfant jusqu'à 13 ans permettrait à ceux qui redoublent deux fois en primaire de ne pas subir cette injustice.
D. Lutter contre la pollution de l’air et le bruit
Il serait irresponsable de nier la responsabilité des voitures, camions et motos dans les changements climatiques et dans les maladies respiratoires. L’attente passive d’hypothétiques «technologies propres» (qui ne résoudraient d’ailleurs pas tous les problèmes) serait un signe d’irresponsabilité politique. Nous ne pouvons accepter que la mode et la publicité imposent les 4x4 et les motos les plus bruyantes et polluantes en ville. La Ville doit s’engager dans des restrictions de circulation des véhicules les plus polluants ou les plus inadaptés à la ville.
Propositions
- Interdire les véhicules les plus polluants et les plus bruyants dans Paris : 4x4, voitures, motos et camions les plus polluants, véhicules publicitaires...
- Limiter à 30 Km/h la vitesse sur toutes les voies parisiennes (soit environ 90%) qui ne figurent pas au réseau principal de voirie du PDUIF
- Limiter à 15km/h la vitesse sur les voies parisiennes particuliérement étroites.
- Couvrir le périphérique là où c’est possible, réaliser des protections phoniques et limiter la vitesse à 50 Km/h
- Limiter à 50 Km/h la vitesse sur le quai de Bercy et le quai de la Rapée et requalifier ces deux voies en boulevards urbains
- Favoriser les motorisations «propres» pour les transports publics, ainsi que les sociétés et
services municipaux : GNV, électricité, biocarburants...
E. Penser la voiture différemment
Une des clés du succès de la politique de déplacement réside dans le changement culturel chez les Parisiens et les franciliens. Ce programme doit viser une modification profonde de la mobilité de chacun et du rapport à l’espace urbain et à l’automobile. De nombreux citadins prennent leur voiture «par réflexe» sans même envisager d’utiliser un autre mode de déplacement. Cet automatisme aboutit à un usage immodéré de l’automobile alors que, pour de nombreux déplacements, les transports en commun, la marche ou encore le vélo sont bien plus pertinents. Pour que chaque citadin se déplace de manière adaptée, encore faut-il que l’offre de transports en commun, les itinéraires piétons, les pistes cyclables et les possibilités de location de vélo, se complètent et satisfassent les besoins en mobilité.
S’il est nécessaire d’inciter les parisiens motorisés à moins utiliser leur voiture, il faut également penser autrement l’automobile, non plus comme un objet individuel, mais comme un outil dont on peut n’avoir besoin que de temps à autres.
L’automobile peut être partagée, utilisée alternativement par différents usagers ; elle est ainsi utilisée de manière plus rationnelle, sobre et responsable. L’auto-partage, la location de voitures et le covoiturage doivent être développés notamment dans les entreprises et les administrations mais aussi pour l’usage occasionnel de n’importe quel citadin. Beaucoup de parisiens n’auraient besoin d’une voiture que pour certains déplacements professionnels, pour des achats encombrants ou pour partir en vacances.
Propositions
- Instaurer dans chaque parking public, un système de location de voitures ou d’auto-partage.
- Promouvoir le co-voiturage à Paris et en Ile de France:
- Aménager sur le boulevard périphérique (et sur les autoroutes d’Ile de France) une voie réservée aux voitures avec 3 personnes au minimum, aux taxis et aux «véhicules propres»
- Encourager la mise en place de plans de déplacements d’entreprise, donnant la priorité aux
modes de transports non polluants
F. Reconquérir les quartiers de Paris et dissuader le transit
L’alternative urbaine à l’automobile est une combinaison indissociable de la marche à pied, du vélo et des transports en commun. Le principe doit être de faire des quartiers parisiens des lieux de vie et de desserte (un endroit où on va) et non plus de transit (un endroit où on ne fait que passer). C’est le principe des quartiers verts et des plans de circulation «en pétale» qui ne permettent pas de traverser un quartier de part en part. !
Propositions
- Poursuivre le programme «quartier vert» dans Paris : généraliser les plans de circulation supprimant les trafics de transit, créer des rues piétonnes
- Supprimer la circulation de transit dans le centre, limiter la circulation sur les boulevards de Sébastopol et de Rivoli, fermer les tunnels des Halles à la circulation de transit
- Rendre les voies sur berges de la Seine piétonnes, en vue de reconquérir ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et limiter la circulation sur les quais hauts
- Achever de supprimer les axes rouges et les requalifier en boulevards urbains
G. Réguler le stationnement automobile
Le stationnement est un levier important de la politique des déplacements. Une majorité de Parisiens n’a d’ailleurs pas de voiture à garer, tout comme une écrasante majorité des habitants de la banlieue qui viennent travailler à Paris en transport en commun. Il faut encourager les visiteurs de Paris à utiliser les transports en commun et les parisiens motorisés à moins utiliser leur voiture. Pour mieux redistribuer l’espace public en faveur des piétons, des vélos et des bus, nous proposons de diminuer l’offre de stationnement sur voirie et de diminuer le stationnement «rotatif» (pour visiteurs) au profit du stationnement résidentiel dans des parkings en ouvrage existants.
Propositions
- Supprimer toute obligation de construction de parking sous les immeubles de bureau
- Fixer un plafond de 1 place maximum par logement, pour toute construction neuve
- Limiter strictement le stationnement de surface et verbaliser systématiquement le stationnement illicite avec la mise en place de moyens adaptés (enlèvement, sabots)
- Mieux exploiter les parkings souterrains existants (publics et privés) en privilégiant le stationnement pour les riverains (réduction des tarifs d’abonnement)
- Augmenter le montant des amendes au niveau moyen des autres grandes villes européennes pour réduire la fraude et le stationnement illicite
- Affecter prioritairement le produit des amendes et du stationnement au soutien aux transports en commun
H. Sécuriser et améliorer les déplacements des piétons
La marche est le premier mode de déplacement en ville et le seul qui est utilisé par tous les parisiens. Pourtant les piétons sont encore parfois trop à l’étroit sur les trottoirs, les cheminements vers les écoles ne sont pas toujours sécurisés et les lieux de promenade sont souvent insuffisants. A Paris, comme dans toutes les grandes agglomérations, l’espace public est une ressource rare et donc précieuse. Cette pression, ce sont les usagers les plus faibles, piétons et cyclistes, qui la supportent ; Pour réduire cette pression il conviendra de se (re)poser la question de la tarification de l’occupation de l’espace public (stationnement, activité commerciale...). !
Propositions
- Rééquilibrer la voirie en faveur des piétons, en élargissant les trottoirs et en rationalisant le mobilier urbain gênant (notamment en reportant sur la partie utilisée par les véhicules motorisés les mobiliers qui les concernent, chaque fois que cela est possible)
- Sécuriser les traversées piétonnes, en particulier aux abords des écoles en équipant toutes les traversées de rues proches des écoles de «points écoles» (traversées piétonnes sécurisées par la présence d’un adulte)
- Instaurer dans tous les arrondissements des Plans de Déplacement d’Ecole, impliquant les parents d’élèves et les enseignants, visant à promouvoir la marche pour aller à l’école et la sécurisation des trajets des élèves
- Réaliser un véritable «réseau vert» dans Paris, par des axes Sud-Nord, Est-Ouest (par la Seine notamment), et en liaison avec les bois ; créer des rues piétonnes.
- Dans les rues particuliérement étroites, privilégier systématiquement la circulation des pietons en supprimant le stationnement, en remplaçant les trottoirs par une chaussée surélevée et en déduisant la vitesse des voitures à 15km/h.
- Créer des cheminement pietons (par exemple par les collines de l'Est Parisien : Charonne, Ménilmontant, Belleville, Buttes Chaumont et Montmartre) pensés pour la promenade avec des bancs et beaucoup de végétation : murs végétalisés, arbres, pavés gazonnés etc. Ces cheminement pourraient aussi servir de continuité biologique entre les espaces verts de la ville (par exemple avec la création d'une passerelle au dessus de la rue des Pyrénées reliant le Père Lachaise, le square Karcher et la petite ceinture)
- Etendre Paris-Plage au port de l’Arsenal, aux berges du Canal St Martin et du Canal de l’Ourcq
- Etendre l’opération «Paris Respire» dans chaque arrondissement (une rue ou un quartier) et dans les bois et dans le temps.
I. Encourager la pratique du vélo
Le vélo doit être considéré comme un mode de transport à part entière. Les difficultés de stationnement et le vol sont souvent un frein à la pratique du vélo à Paris. De même les aménagements cyclables sont un levier important. Couloirs de bus élargis aux vélos ou piste cyclable à part, chacun de ces aménagements a ses avantages et inconvénients et il ne faut en aucun cas imposer quoi que ce soit de façon normative.
Propositions
- Compléter le réseau d’aménagements cyclables : pistes cyclables, contresens cyclables, couloirs de bus élargis aux vélos, traversées des carrefours...
- Instaurer un chèque transport pour les salariés, chomeurs et étudiants se déplaçant à vélo
- Développer des points gardiennés, les services de réparation et les vélos en libre-service
- Implanter des points de stationnement aux abords ou dans les écoles, collèges et lycées et aux abords des principales stations de métro et de RER.
- Rendre les RER accessibles aux vélos dans Paris
J. Les deux-roues motorisés
Les deux-roues motorisés, s’ils utilisent moins de place que l’automobile, posent néanmoins des problèmes, que ce soit sur le plan de la pollution, du bruit, de la sécurité routière, mais aussi de l’encombrement de l’espace public, puisqu’on retrouve actuellement beaucoup de motos stationnées illicitement sur les trottoirs. Dans l’attente de deux-roues motorisés plus propres et plus urbains, les aménagements ne doivent pas encourager, mais réduire les nuisances liées à ce mode de transport. !
Propositions
- Créer des places de stationnement en structure et en surface pour les motos pour libérer de la place sur les trottoirs
- Verbaliser et enlever les motos stationnées sur les trottoirs
- Maintenir, notamment pour raison de sécurité, l’interdiction de circulation dans les couloirs de bus et sur les pistes cyclables
- Sécuriser l’usage des deux-roues motorisés
- Interdire les véhicules les plus polluants et les plus bruyants dans tout Paris
K. Favoriser l’usage du taxi dans Paris
Propositions
- Poursuivre la réalisation de couloirs de bus ouverts aux taxis
- Réviser les tarifs pour les rendre plus attractifs et améliorer la présence des taxis là où ils sont les plus demandés
- Contrôler la délivrance des autorisations d’exercer, s’impliquer dans les négociations salariales et sur les conditions de travail des chauffeurs de taxis
- Instaurer un chèque mobilité taxi
- Améliorer la visibilité des stations, mettre en place un numéro unique d’appel, soutenir les véhicules «propres»
- Améliorer la visibilité des voitures et de leur signalisation (signal taxi libre ou taxi occupé)
L. Limiter les déplacements contraints
La mobilité doit être remise dans le contexte de nos modes de vie ; nous devons nous attaquer à la mobilité «subie», travailler sur la cohérence entre politique d’urbanisme et politique de transport par exemple en rapprochant lieux de résidence et lieux de travail et en favorisant la vie locale dans les quartiers. La spécialisation des espaces oblige les déplacements forcés domicile-travail-consommation-loisirs... Afin de rapprocher les habitants de leur travail, il faut favoriser une meilleure répartition de l’emploi dans les espaces urbains, en évitant les zones hyper-spécialisées (zones commerciales, résidentielles, industrielles et/ou d’emploi...). Lorsque c’est nécessaire (exemple: grand équipement public type centre hospitalier, centre administratif, etc.), il faut prévoir en même temps l’offre en transports en commun.
Propositions
- Geler les projets d’hypermarchés aux portes de Paris
- Geler les constructions de bureaux à la Défense, et plus largement dans l’ouest francilien (action à travers le SDRIF)
- Développer l’offre de transports en commun autour des zones d’emploi et de loisirs
- Soutenir les orientations du SDRIF sur la ville compacte, la lutte contre l’étalement urbain, la réduction des inégalités territoriales et la mixité des fonctions urbaines, afin de rapprocher lieux de vie et lieux de travail
M. Développer l’intermodalité
La bataille culturelle doit également se faire sur l’intermodalité, c’est-à-dire le fait d’utiliser plusieurs modes de transports pour un déplacement.
Propositions
- Améliorer l’offre des parkings relais et le rabattement vers les transports en commun, aux principales gares RER et gares de train de banlieue ; instaurer un tarif préférentiel pour les détenteurs de carte orange ; sécuriser les parkings relais
- Améliorer les correspondances bus/réseau ferré (réduction des cheminements, amélioration du confort et de l'information)
- Créer des points de location de vélo dans les gares parisiennes et développer un système de vélos en libre-service
N. Optimiser les livraisons et les transports de marchandises
Pour réduire les camions dans Paris, il faut rationaliser les livraisons et coller aux besoins. Outre le soutien aux commerces de proximité, qui génèrent moins de déplacements que les hypermarchés, il convient d’innover pour gérer l’acheminement des marchandises en ville.
Propositions
- Mettre en place des plates-formes logistiques multimodales en zone dense
- Créer des magasins de quartier ou hôtels logistiques, pour assurer des livraisons groupées
- Favoriser le rail et la voie d’eau, utilisation des canaux et de la Seine...
- Favoriser l’utilisation de véhicules peu ou non polluants, comme le vélo, les véhicules électriques, au GNV... par des subventions
- Augmenter les places de livraisons et les faire respecter
- Taxer les camions les plus polluants dans Paris (cette mesure nécessite un changement de la loi).
2. Les propositions en débat
Depuis janvier 2006, les Verts Paris ont mis en place des groupes thématiques qui se réunissent chaque mois pour élaborer le programme des municipales. Le groupe sur les transports s’est réuni de nombreuses fois. Différents sujets ont été abordés lors de ces réunions :
- Le stationnement
- Les transports publics
- L’aménagement urbain, l’espace public
- Les berges de Seine
Les discussions sur ces thèmes ont permis d’enrichir le débat déjà existant. Les différentes propositions qui suivent découlent de ces discussions, certaines sont encore sujettes à controverse.
De manière générale, les débats au cours de ces réunions ont fait ressortir un problème de fond. En effet, il est important de savoir comment les Verts se place en matière de politique des transports. Doit-on, nous Verts, être radicaux ? Devons-nous parler en termes de baisse ou de suppression du trafic ? Quel terme devons-nous employer pour ces élections ?
A. Le stationnement dans Paris
Pour mener à bien notre politique de déplacements, il est important de s’arrêter quelques instants sur les questions que soulèvent les problèmes de stationnement dans Paris. Il est clair que nous souhaitons, à terme, une diminution de la place de l’automobile dans Paris et par conséquent un meilleur partage de la voirie. Aujourd’hui, l’offre de stationnement souterrain et de stationnement de surface sont à peu près équivalente au nombre d’immatriculations parisiennes. Cependant, dans Paris, il n’y a pas seulement les voitures des parisiens. Ainsi, nous devons surtout nous pencher sur les problèmes de l’offre de stationnement afin de savoir mieux la gérer.
Propositions :
- Augmentation du prix du stationnement résidentiel. Aujourd’hui, celui-ci est à peu près à 10 euros par mois.
- Diminution du prix du stationnement souterrain pour les résidents. Il atteint des sommes très élevées, les automobilistes doivent payer environ 100 euros par mois.
- Augmenter la sécurité dans les parkings souterrains afin que les parisiens reconquièrent ces lieux.
- Tarification de parking favorable aux personnes possédant un abonnement de transport en commun afin d’inciter à davantage de multi modalité.
- Suppression de certaines places de stationnement sur la voirie pour des besoins d’aménagements (trottoirs, pistes cyclables, couloirs de bus…)
- Stationnement payant pour les motos sur voirie.
- Action contre les grands projets de parking.
- Création de petits locaux souterrains pour le stationnement des vélos et/ou motos
- Plantation d’arbres au niveau des places de stationnement de surface, pour adapter le stationnement à l’aménagement urbain.
B. Les transports collectifs publics
Le problème est dans l’offre ! Cette phrase résume l’enjeu principal des transports collectifs à Paris. Cette offre est aujourd’hui insuffisante pour répondre aux besoins des parisiens et franciliens. Il est important de prendre en compte la dimension régionale dans nos choix politique en matière de transports collectifs. Aujourd’hui, il existe un réel manque de financement des transports publics mais pas seulement. L’amélioration du réseau ne se limite pas à de nouvelles infrastructures, nous avons également la possibilité d’optimiser l’utilisation des infrastructures existantes (y compris les anciennes infrastructures qui ne sont plus utilisées).
Propositions :
- Augmenter les financements : trouver de nouveaux contributeurs (les communes) et inventer un système qui s’appuie sur le principe de solidarité (les collectivités les plus aisées paient pour celles qui sont en difficulté).
- Appliquer le principe de « pollueur-payeur »; les automobilistes et les organismes qui encouragent l’utilisation de la voiture individuelle doivent participer au financement des transports collectifs au travers de taxes ou de péages (création de taxe sur les places de stationnement gratuites au lieu de travail).
- Afin d’inciter les entreprises à modifier légèrement leurs heures d’ouvertures pour résoudre le problème de l’hyper pointe qui coûte cher à la collectivité (moyens supplémentaires importants), mettre en place des tarifs dégressifs, exemple heures de pointes tarif rouge heures creuses tarifs verts.
- Améliorer la qualité des transports publics, surtout en ce qui concerne le respect des horaires.
- Création d’autres systèmes de transport : tram, minibus, taxis collectifs, location de voiture à l’heure.
- Autoroutes payantes en Ile-de-France.
- Affecter les recettes de stationnement aux transports collectifs, si bien sûr la verbalisation est faite correctement.
- Financement des entreprises les moins aisées par celle qui le sont plus.
- Augmenter la fréquence des bateaux sur la seine et créer plus d’escales le long des berges.
- Gratuité des transports collectifs pour les enfants de moins de 12 ans
C. L’aménagement urbain, l’espace public
L’espace public est la rue. C’est un espace creux, le vide contenu entre les espaces construits. Aujourd’hui, l’aménagement de cet espace est au cœur des débats, les habitants souhaitent reconquérir l’espace public. Cependant, on observe, de plus en plus, l’apparition de conflits entre les différents usagers de cet espace (piétons, cyclistes, deux roues motorisés, automobilistes). Ainsi, nous souhaitons, par diverses propositions d’aménagement de cet espace, revoir le partage de la voirie et ainsi rétablir une certaine équité entre les usagers et les arrondissements en donnant la priorité aux circulations douces.
Propositions :
- Impliquer plus les architectes et les parisiens dès le commencement d’un projet d’aménagement, lancer des concours d’idées, plus de démocratie participative.
- Créer un concept d’aménagement qui pourrait devenir un outil d’aide à l’aménagement de l’espace public (création d’une certaine uniformité). Afin de résoudre les problèmes méthodologiques existants dans l’aménagement de l’espace public.
- Inventer un concept de déplacement pacifié où les voitures devraient céder la place aux piétons quand les trottoirs ne sont pas aux normes.
- Création de passages piétons surélevés.
- Augmenter la largeur réglementaire des trottoirs.
D. Les Berges de Seine
Le réaménagement des berges de Seine est une partie importante de notre programme. Il aura des effets à la fois sur l’environnement, la qualité de vie des parisiens et la pollution. Il renforcera également l’aspect très convivial de ces lieux. De plus, une politique de transport progressiste et écologique doit intégrer la diversité des modes de déplacements et les principes de multi modalité et de subsidiarité, c’est-à-dire le fait d’utiliser le mode de transport le plus pertinent pour chaque déplacement.
Propositions :
- Priorité est à la piétonisation des berges Rive droite.
- Création d’un tram reliant le Nord et le Sud, et l’Est et l’Ouest de Paris.
- Mise en place de bus en alternant bus rapide avec peu d’arrêts et bus omnibus.
- Travail sur l’idée d’une reconquête du fleuve afin que les riverains se le réapproprient.
- Cassage du transit et basse de l’afflux de véhicules qui rentrent dans Paris, notamment pour résoudre les problèmes de trafic dans le 12ème arrondissement où l’autoroute pénètre dans Paris.
- Projets pour les livraisons associés à l’aménagement du fleuve.
- Création de pôle multimodaux sur la Seine, celle-ci est un axe potentiel de circulation de transport de passagers et de marchandises.
- Reconquête des voies sur berges : en premier lieu aménagement des quais hauts puis des quais bas, ou l’inverse ?
E. Divers
Pour clore ce chapitre, diverses propositions, qui ne rentrent pas dans les sujets précédents, ont émergé des discussions.
Propositions :
- Piétonisation de la rue de Rivoli (dès maintenant ?).
- Distribution de chèques symboliques pour les vélos ou piétons afin de valoriser ces pratiques.
- Mise en place de malus pour les voitures polluantes.
- Association avec des constructeurs automobiles pour réfléchir à une voiture collective.
- Interdiction des 4X4 dans Paris.
- Péage à l’entrée d’une zone à déterminer de paris, avec des tarifs variables selon le taux de pollution que dégagent les véhicules ?
- Création d’un code de la rue.
