Fiche eau
Un article de Wikiverts.
Préserver l'or bleu
L'eau est un élément indispensable à la vie et une part essentielle du patrimoine mondial. La préservation de sa qualité et son utilisation équitable sont nécessaires au développement durable.
Sur notre planète, 1,2 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 5 millions d'entre elles meurent chaque année de maladies liées à l'eau. La pénurie d'eau affecte 250 millions d'habitants de 26 pays. Mais les pays du Nord tendent, eux, à la surconsommation : 150 à 200 litres par jour pour un Français, 600 pour un Américain, alors qu'un Africain en zone sahélienne en consomme de 10 à 20 litres.
Des pratiques nuisibles
L'eau est un élément indispensable à toute forme de vie. Ce n'est pas seulement une marchandise, c'est un patrimoine naturel garant de la survie et de la diversité des écosystèmes. Bien que l'accès général au réseau d'eau potable ait été généralisé, en France notamment, à partir de 1945, l'augmentation de la pollution de l'environnement (par les activités industrielles, agricoles) ainsi que les pratiques de gestion des ressources en eau ont contribué à détériorer sa qualité et le bon fonctionnement des systèmes aquatiques. Ainsi, des pratiques comme l'arrachage des haies, la disparition des marécages, l'agriculture intensive et la mauvaise gestion des rivières ont à la fois diminué la diversité des écosystèmes et provoqué des effets inattendus comme l'érosion accélérée des sols et les inondations violentes.
Baisse des ressources, pollutions et dépollutions
Les ressources en eau saine se raréfient dangeureusement, du fait de la diffusion généralisée de polluants - nitrates, métaux lourds, pesticides et microbes pathogènes- dans toutes les réserves en eau : nappes, lacs, étangs, rivières. Cette pollution est due à des rejets humains, accidentels ou non, de polluants dans l'environnement : pollution atmosphérique, pollution des sols par les pratiques agricoles et le désherbage, etc.
La production d'eau saine demande donc de plus en plus d'étapes de dépollution ; la gestion actuelle tend à favoriser les traitements curatifs au lieu de protéger les ressources "à la source". Nous sommes dans la logique du "mieux vaut guérir que prévenir"… Or, les traitements curatifs, très sophistiqués, s'avèrent de plus en plus onéreux et non viables à long terme, du fait de la pollution généralisée des nappes et rivières.
Ce mode de gestion économique n'est pas non plus viable pour l'eau potable, car leplus souvent celle-ci contient des pesticides -malgré l'usage de technologies de purification de plus en plus sophistiquées et onéreuses ! L'eau propre et saine est par conséquent devenue une marchandise dont le prix n'a cessé d'augmenter. Il est indispensable de résoudre les problèmes de pollution de l'eau de manière globale et préventive, en prenant en compte les équilibres des écosystèmes.
Cessons de gaspiller !
Malgré la nécessité de préserver et d'économiser l'eau, elle est gaspillée, en particulier du fait des activités industrielles et agricoles. Le gaspillage de l'eau, c'est aussi l'utilisation de grandes quantités d'eau rigoureusement potable, très chère, pour des usages comme l'arrosage des plantes ou le fonctionnement des WC, pour lesquels des eaux de pluie ou de rivières pratiquement gratuites suffiraient. L'agriculture intensive entraîne des gaspillages importants d'eau par certaines cultures (pour le maïs en particulier).
Politique française de l'eau
Jusqu'à présent, l'eau potable a été principalement considérée en France comme une ressource économique bon marché et quasiment inépuisable, alors qu'elle est aussi un patrimoine naturel indispensable à la survie et à la diversité du vivant. Elle est extraite à 70 % pour l'agriculture, 22 % pour l'énergie et l'industrie et 8 % pour les besoins domestiques. Mais les redevances payées par les usagers domestiques sont nettement plus élevées que pour les agriculteurs et industriels, pourtant responsables de la majorité des pollutions. Cette inégalité induit de vives tensions et n'incite pas suffisamment à la réduction des pollutions.
L' "école française", qui vante le partenariat "public/privé", a en fait abouti à une délégation de la gestion de l'eau, par de nombreuses collectivités, à des grands groupes privés, pour un rapport qualité/prix souvent élevé. Cette délégation s'est accompagnée d'une absence de contrôle démocratique et d'une opacité quant au service rendu ; la collectivité se dessaisissant trop souvent de ses compétences pour une bonne régulation de la politique de l'eau.
À long terme, seule une gestion environnementale de l'eau, tenant compte des écosystèmes dans leur ensemble, et supprimant notamment les pollutions à la "source", sera garante de la durabilité de l'accès à l'eau saine et potable.
PROPOSITIONS
L'objectif des Verts est de fournir à chaque citoyen une eau non polluée au moindre coût, en améliorant la gestion des ressources en eau et en préservant l'environnement à long terme. C'est un impératif pour pouvoir laisser aux générations futures des ressources durables en eau saine.
Pour un contrat mondial de l'eau
- Reconnaître l'eau comme patrimoine commun de l'humanité et un "droit à l'eau" pour chacun.
- Attribuer une aide aux projets de production et de distribution d'eau dans les pays du Sud.
- Suppression du projet d'Accord Général sur le Commerce et les Services, qui veut faire entrer l'eau dans le domaine marchand.
Préserver les ressources
- Stopper la pollution des réserves d'eau naturelle par les substances toxiques. À terme, la diminution de la pollution "à la source" peut diminuer les coûts de traitement et la production de déchets.
- Limiter les pompages afin d'assurer la protection des nappes stratégiques et profondes.
- Arrêter le gaspillage de l'eau sous toutes ses formes, généraliser les programmes d'économie d'eau, créer un double réseau pour l'utilisation des eaux de pluie et de rivières dans les cas où une eau strictement potable n'est pas nécessaire.
- Développer la gestion durable des réserves en eau en préservant l'environnement et en rétablissant la diversité des écosystèmes aquatiques : multiplier l'application de SAGE dans ce sens.
- Informer les usagers sur le cycle local de l'eau, la pollution de l'eau et les moyens simples de l'éviter, responsabiliser les citoyens en créant un label "nuit gravement à l'environnement" pour les produits qui polluent les ressources aquatiques.
- Intégrer dans la politique de l'eau la connaissance et la gestion respectueuse de tous les milieux aquatiques, en particulier les zones humides - qui permettent de prévenir et de réduire les inondations, de maintenir une riche biodiversité, d'épurer les pollution et de réguler les étiages-, les estuaires -dont les eaux doivent être suffisantes en qualité et quantité pour permettre la survie de la biodiversité et des ressources poissonneuses- et les eaux souterraines - car les pollutions s'avèrent souvent irréversibles en raison de la longue rémanence des produits dans les nappes.
- Pour éviter de restreindre le champ d'expansion des crues, interdire les constructions en zone inondable et limiter leur imperméabilisation par la généralisation et l'application stricte des PPRI.
- Appliquer le principe pollueur-payeur par une taxation suffisamment élevée pour être dissuasive et des redevances sur l'irrigation et sur les agressions contre les milieux aquatiques.
- Imposer à l'industrie et l'agriculture des modes de production respectueux de l'environnement et aux collectivités la restitution au milieu naturel d'une eau non polluée.
- Condamner les détournements de cours d'eau qui déstabilisent les écosystèmes.
Pour une gestion démocratique de l'eau
- Faire de la gestion de l'eau un service public, en favorisant la régie directe des services d'eau par les municipalités. Gestion qui, outre la distribution, intégrera la protection des ressources, la prévention prévalant sur des traitements curatifs chers et non viables à long terme.
- Favoriser les économies locales de gestion de l'eau plutôt que la centralisation, qui va "concentrer" les polluants et les difficultés, et favoriser l'accès équitable à une eau saine pour tous.
- Obliger à consulter les commissions locales (consommateurs et associations de protection de l'environnement) avant toute décision.
- Reprendre les avancées incluses dans le projet de loi sur l'eau porté par D. Voynet, menacées par le gouvernement actuel, notamment sur la durée des contrats d'affermage ou de concession (actuellement de 25 ans, elles devaient être réduites de moitié).
Pour une équité entre utilisateurs
- Facturer l'eau et l'assainissement proportionnellement à la consommation.
- Supprimer les coefficients de collecte et de prélèvement affectant lourdement les consommateurs domestiques.
- Encadrer les tarifs dégressifs accordés aux industriels.
- Faire contribuer les agriculteurs en fonction de leurs prélèvements en eau et pollutions.
EUROPE
Les Verts condamnent la transcription a minima de la Directive sur l'eau de 2000, qui fixe un objectif de "bon état écologique" des eaux en 2015.
