Fiche Transports urbains
Un article de Wikiverts.
Faire respirer la ville
Bruit, pollution de l'air, effet de serre, stress (temps perdu, embouteillages), méfaits sanitaires : la liste des nuisances urbaines dues aux camions et aux voitures ne cessent de s'allonger. Les Verts veulent promouvoir une politique de transports urbains respectueuse de la vie et de la santé humaine, de l'environnement (lutte contre l'effet de serre et contre la pollution de l'air) ; une politique plus juste et démocratique ; une politique ambitieuse qui considère que la mobilité est un droit fondamental qui permet de redécouvrir l'essence d'une ville : la proximité.
La loi sur l'air et les Plans de Déplacements Urbains ont constitué une grande avancée dans beaucoup de villes françaises. Mais ces Plans se sont souvent arrêtés à l'aménagement du centre-ville, laissant de côté les quartiers périphériques, ou ne traitant qu'une partie du problème. D'autres initiatives se sont vite heurtées à la frilosité de l'administration et de certains élus ne souhaitant pas s'attaquer de front au problème de l'omniprésence automobile, de peur de toucher un électorat très motorisé… Pourtant, la réduction de nombre de voitures en ville est de plus en plus évoquée dans les politiques publiques, et ce dans toute l'Europe. Il est nécessaire de passer aux actes.
Limiter les déplacements contraints
La spécialisation des espaces oblige les déplacements forcés domicile - travail - consommation - loisirs... Afin de rapprocher les habitants de leur travail, nous voulons favoriser une meilleure répartition de l'emploi dans les espaces urbains, en évitant les zones hyper-spécialisées (zones commerciales, résidentielles, industrielles et/ou d'emploi…). Lorsque c'est nécessaire (exemple : grand équipement public type centre hospitalier, centre administratif, etc.), il faut prévoir en même temps l'offre en transports en commun.
Dissuader l'usage de l'automobile en ville
- Par les plans de circulation intelligents. Le principe doit être de faire de la ville un lieu de desserte (un endroit où on va) et non plus de transit (un endroit où on ne fait que passer). La limitation du transit automobile doit se faire :
- à l'intérieur des quartiers par des plans de circulation en pétale (type "quartiers verts" parisiens ou plan de circulation à Strasbourg), qui ne permettent pas de traverser un quartier de part en part. Les centre-villes sont les premiers concernés, même s'il faut éviter le piège des "villes musées".
- sur les grands axes en limitant la capacité automobile, pour favoriser les transports en commun et les circulations douces.
- par la création de zones piétonnes (autorisées aux riverains et livraisons) et de zones "30".
- Par le stationnement. Nous proposons :
- la limitation stricte du stationnement de surface et la verbalisation systématique du stationnement illicite ;
- une meilleure exploitation des parkings souterrains existants (publics et privés) en privilégiant le stationnement pour les riverains ;
- un gel de la construction de parkings en centre-ville (en premier lieu sous les immeubles de bureaux) et l'aménagement en périphérie de parkings sécurisés et connectés efficacement au réseau de transports en commun.
Offrir une alternative non-polluante dans nos déplacements
L'alternative urbaine à l'automobile est une combinaison indissociable de la marche à pied, du vélo et des transports en commun.
Les piétons, la marche, le roller
La marche à pied est le premier mode de déplacement en ville. Nous proposons de rééquilibrer la voirie en faveur des piétons, de sécuriser les traversées piétonnes en particulier aux abords des écoles, de créer des cheminements piétons à travers la ville.
Le vélo
Le potentiel du vélo est du même ordre de grandeur que celui des transports en commun. Au-delà de leur complémentarité, le vélo doit donc être considéré comme un mode de transport à part entière. Nous proposons donc de développer les possibilités gratuites de stationnement des vélos (dans les immeubles, au bureau, dans la rue…) ; de créer ou d'améliorer les réseaux de pistes cyclables et d'itinéraires protégés, d'inciter à l'utilisation du vélo - notamment par l'instauration d'un chèque transport pour les salariés et étudiants se déplaçant à vélo ; de créer et de développer des points gardiennés dans la ville.
Augmenter l'offre de transports en commun
Cette augmentation a un préalable : faire des transports en commun une priorité budgétaire pour les collectivités territoriales. Nous proposons :
- la généralisation des couloirs de bus en sites propres protégés (pour que les bus soient performants et rapides) ;
- des tramways, en particulier là où le bus devient insuffisant ;
- une offre de transports en commun à développer partout et à diversifier : trajets banlieue - banlieue, quartiers isolés, zones d'emploi non desservies ;
- d'adapter les horaires aux nouveaux rythmes urbains : les soirs, les week-ends, la nuit.
ALTERNATIVE 1
la gratuité des transports en commun (pour les chômeurs et précaires / pour tous) La gratuité totale est en place dans quelques villes (Châteauroux, Compiègne, Seattle, Hasselt en Belgique). Elle est possible car elle se base sur :
- un financement par l'impôt accru (notamment par la taxe de séjour et une contribution des entreprises) à l'instar des infrastructures routières,
- le gain (non négligeable) sur les dispositifs de vente et de contrôle devenus inutiles.
L'intérêt collectif des transports en commun doit ainsi être souligné et être rendu incitatif auprès du plus grand nombre.
ALTERNATIVE 2
La mise en place d'une politique tarifaire adaptée (âge, situation socio-économique, etc.). Les transports en commun doivent être subventionnés de façon importante par les pouvoirs publics car ils contribuent à l'intérêt général. Mais les services et l'investissement dans les transports en commun ne doivent pas être placés exclusivement sous une logique fiscale, où une politique de court-terme de réduction des coûts pourrait vite s'imposer, au détriment des usagers. Une part du financement doit revenir aux usagers au travers de la tarification afin que sa responsabilité soit engagée. Dans une logique de participation, elle lui donne directement le droit de faire entendre ses exigences auprès des autorités et sociétés responsables de transports.
Le droit au transport pour tous
Les Verts proposent :
- la garantie d'une desserte en transports en commun 100% accessibles aux personnes à mobilité réduite ;
- de favoriser le taxi, car c'est une véritable offre de transport public complémentaire. Création d'un service public de taxis et/ou libéraliser la patente (alléger la charge financière) mais en assurant un contrôle sur la délivrance des autorisations d'exercer.
Le droit au transport pour tous ne peut être garanti que par un service public.
Rendre les transports en commun plus attractifs
La qualité de service des transports laisse parfois à désirer et dissuade de nombreux usagers. Pour que les transports en commun soient une alternative sérieuse à la voiture, il faut notamment :
- rendre plus lisibles les parcours des bus pour une meilleure compréhension de la ville ;
- favoriser les motorisations " propres " des transports publics (gaz, électricité…) ;
- mettre en place des comités d'usagers qui participeraient aux instances de gestion des transports collectifs.
Moins de camions en ville
- repenser les livraisons
Pour réduire les camions en ville, il faut rationaliser les livraisons et coller aux besoins. Outre le soutien aux commerces de proximité, qui génèrent moins de déplacements que les hypermarchés, les politiques doivent innover pour gérer l'acheminement des marchandises en ville (magasins de quartier, hôtels logistiques).
Il s'agit également de :
- favoriser le rail et la voie d'eau ;
- favoriser l'utilisation de véhicules peu ou non polluants.
La concertation : frein, levier ?
Au lieu d'aller " envers et contre tous ", les élus doivent utiliser tous les outils de démocratie participative à disposition et même en susciter certains :
- faire des conseils de quartier le principal lieu de la concertation ;
- développer les structures para-municipales, plus ou moins spécialisées, de concertation et de participation des habitants, des usagers de transport, etc. : commissions extra-municipales, ateliers public d'urbanisme…
