Fiche Solidarité

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Solidarité/Justice sociale

Aujourd'hui, notre société occidentale et l'ensemble de la planète sont de véritables poudrières, résultant des profondes inégalités qui se creusent entre classes sociales d'une part, mais aussi entre les peuples du Nord d'un côté et ceux du Sud et de l'Est de l'autre.

Vestige d'une longue histoire coloniale qui a pillé les continents du Sud de toutes leurs ressources naturelles et qui a notamment justifié la traite des nègres et le massacre de peuples entiers, la coupure entre les pays du Nord et ceux du Sud se fait de plus en plus profonde. L'hypocrisie est à son comble quand ces peuples du Sud sont définis comme des « pays en développement ». Parallèlement, l'échec du productivisme collectiviste dans les pays de l'Est a engendré de profondes ruptures sociales et le retour trop rapide du marché dans ces pays est source de catastrophes destructrices. René Dumont a dénoncé très fort ce « mal développement » qui engendre des inégalités profondes et des nuisances tant dans nos sociétés dites riches, que dans celles où des millions d'êtres humains vivent encore en dessous du seuil de pauvreté et où certains meurent de faim ou d'avoir bu de l'eau non potable !

Les Verts sont très attachés à cette solidarité Nord / Sud et avec l'Est et affirment à contre- courant de la société, que vouloir le développement des peuples du Sud et de l'Est signifie une remise en cause de notre confort matériel d'ici. Etre solidaires du Sud et de l'Est, c'est accepter un autre partage des ressources de la planète, c'est renoncer à continuer à piller l'ensemble des ressources du Sud, c'est remettre en cause notre croissance énergétivore et de gaspillage en eau et autres matières premières . C'est appliquer le protocole de Kyoto qui nous impose des efforts immenses. A côté de cette solidarité planétaire essentielle, il y a la solidarité à l'intérieur de nos sociétés riches qui produisent aussi leur lot d'exclusion, de chômage, de pauvreté extrême et d'inégalités. Solidarité avec les plus démunis économiquement, culturellement, les précaires, les « sans » (sans logis, sans papiers,…), mais aussi avec les femmes encore victimes d'inégalités face à leurs congénères hommes, et toutes les populations recluses dans les quartiers difficiles,…Solidarité aussi intergénérationnelle avec les personnes âgées parfois aux retraites très faibles, mais aussi avec ces milliers de jeunes qui n'arrivent pas à trouver un emploi et se trouvent acculés à rester chez leurs parents tardivement ou à vivre la galère des petits boulots, de l'intérim et des stages parkings.

Éradiquer la misère, combattre les inégalités

Parce qu'elles découlent de déterminismes sociaux profonds, les inégalités ne peuvent être justifiées par une illusoire méritocratie. Pour les Verts, les lois du marché ne peuvent garantir une répartition équitable des richesses. La contribution de chacun à la production des biens et des services, mais aussi au lien social et au bien-être collectif, doit être reconnue et rémunérée, en tant que telle et à sa juste valeur. L'enjeu est d'importance. Quand les écarts deviennent excessifs, c'est la propre valeur des personnes qui est mise en cause, quand le fossé se creuse, c'est le respect d'eux-mêmes que les plus démunis perdent. Pour certains, cette dérive serait un mal nécessaire qui permettrait, à terme, l'amélioration du sort des populations défavorisées. Mais la prise de conscience de la finitude de la planète et de ses ressources a brisé ce dogme libéral. Au contraire, dans un contexte de production limitée des biens matériels, c'est la réduction des inégalités qui est indispensable au développement équitable des zones du globe les plus fragilisées. Sauf à mettre en danger les équilibres écologiques, la croissance globale de la consommation ne peut qu'être infléchie. D'où la nécessité d'en repenser collectivement la répartition générale. Dans le même esprit, nous devons cultiver une véritable solidarité inter-générationnelle.

Une autre répartition planétaire

Aujourd'hui, Les Verts rappellent que la finitude de la planète et de ses ressources contraint nos sociétés à revoir collectivement la répartition générale. Dans un contexte de production limitée des biens matériels, la réduction des inégalités est indispensable au développement économique des zones du globe les moins avancées. Sauf à mettre en danger les équilibres écologiques naturels, et à faire éclater la poudrière des inégalités planétaires, la croissance globale de la consommation ne peut qu'être infléchie.

Faire de la solidarité un principe d'organisation sociale

Face à cet enjeu, nous refusons le fatalisme. Notre projet ne consiste pas à créer à la marge un système de redistribution du minimum indispensable à l'apaisement des conflits sociaux. Nous voulons faire de la solidarité un principe d'organisation sociale, tant au niveau mondial qu'au niveau local. La solidarité, c'est d'abord faire entrer dans les faits l'égalité des chances. Mais cette égalité ne se décrète pas, elle se construit, en commençant par reconnaître la singularité des territoires, et l'hétérogénéité des milieux familiaux et sociaux qui influencent les trajectoires individuelles. Accepter une discrimination positive au profit des plus défavorisés, adapter et différencier les moyens mis en œuvre : par ces principes, nous compenserons l'iniquité des conditions initiales. La solidarité, c'est aussi garantir les biens communs de l'humanité. Les éléments indispensables à la vie ne peuvent être livrés au jeu du marché. L'accès de tous à l'eau, à la nourriture, à la santé, à l'éducation, à la culture ne se négocie pas. Ces biens communs doivent être garanti par les Etats et les instances mondiales.

La solidarité, c'est enfin remettre l'économie au service de la personne humaine. Il s'agit de sortir du capitalisme, de sa logique d'appropriation privée des biens de production et de marchandisation des relations sociales et d'inventer un système économique nouveau, décentralisé, coopératif et démocratique et de ne plus faire du marché la seule régulation collective. Les Verts privilégient une économie plurielle, écologique et solidaire. Cette économie appelée aussi tiers-secteur doit permettre de satisfaire des besoins sociaux fondamentaux non satisfaits par le marché ou le secteur étatique et développer des structures de type associatif ou coopératives ou SCIC, qui valorisent des relations non hiérarchiques, la recherche de la coopération et de l'autonomie individuelle et collective.

Cette économie nouvelle rappelle également que la solidarité n'est pas que financière : elle s'exprime aussi dans la reconnaissance de liens intergénérationnels et transversaux entre groupes dans la cité. Le savoir des anciens mérite d'être revalorisé, l'enthousiasme des jeunes cultivé, l'échange de compétences encouragé. Le développement de structures comme les SEL (Systèmes d'échanges locaux ) met en évidence le besoin de sortir des rapports marchands et de se reconnaître interdépendants dans une collectivité.

En développant ce tiers secteur, Les Verts font le pari que ces rapports sociaux de coopération pourront déteindre sur le reste de la société et déclencher une dynamique vertueuse dans les deux autres secteurs public et privé. La compétition laissera la place à la coopération et des rapports gagnant / gagnant pourront se développer . Une utopie ? Peut-être . Mais des germes de ces nouveaux liens sociaux sont déjà là …