Fiche Relations internationales

Un article de Wikiverts.

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POUR UNE ÉCOPOLITIQUE TRANSNATIONALE

La fin de la guerre froide a laissé la place à un nouveau paysage politique international marqué par une rupture radicale avec le monde bipolaire de l'après guerre.

Cette nouvelle phase se caractérise par :

  • L'accélération du processus de mondialisation néo-libérale et ses conséquences : déréglementation, délocalisation, financiarisation du capitalisme, privatisation de nombreux services publics dans les pays du Nord ou les pays dépendants, multiplication des zones franches d'exportation, concentration et contrôle des richesses dans les mais d'un noyau de grandes entreprises transnationales.
  • Le développement de nombreuses zones de non-droit dites « grises » dans le monde, outils de déstabilisation : paradis fiscaux, pays abritant des pavillons de complaisances , zones de narco- trafic, zones tribales abritant des mouvements terroristes , pays en faillite à cause de la dette…
  • L'apparition de nouvelles menaces : effet de serre et conflits écologiques (guerres de l'énergie, contrôle de l'eau…), maffias, terrorisme international, prolifération des armes de destruction massive nucléaire, chimique et biologique, nouvelles formes de travail forcé notamment pour les femmes et les enfants, développement de l'intégrisme religieux et de l'ethnicisation de conflits internes
  • L'émergence d'un nouvel interventionnisme unilatéral au bénéfice de l'ultralibéralisme ( lié en particulier aux industries d'armement et du pétrole) et de la survivance d'un mode de vie et de consommation fondé sur le productivisme. Cette volonté hégémonique des Etats-Unis s'exprime aussi bien par une succession de guerres ( Afghanistan, Irak) que par le refus du droit international ( non-signature de Kyoto, CPI, mines anti-personnel, Guantanamo….). Les moyens de la puissance technologique, culturelle, économique, politique et militaire sont concentrés au sein d'un même Etat lui permettant de s'imposer comme hyper - puissance au reste du monde.

La théorisation par l'Administration américaine et ses alliés de l'unilatéralisme à travers la doctrine de la guerre préventive, de la guerre de civilisation, de l'Axe du mal. Jamais dans l'Histoire du monde, l'écart entre les riches et les pauvres n'a été aussi important. Jamais dans l'histoire, les rapports entre les pays du Nord, les pays dits « intermédiaires », les pays de la périphérie n'ont été aussi inégaux. Jamais dans l'Histoire ceux qui disposent des moyens de la puissance n'ont concentré dans leurs mains un tel pouvoir et n'ont mis autant en danger le reste de l'humanité.

Pourtant de nombreux signes montrent qu'une autre voie est possible :

  • renforcement des ensembles régionaux politico économiques : Union Européenne, Mercosur, Union Africaine,…
  • Apparition du groupe des 22 autour du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud
  • Emergence des Forums Sociaux mondiaux et régionaux comme expression de la société civile et développement de l'altermondialisme comme « mouvement des mouvements »
  • Apparition d'une opinion publique mondiale à l'occasion de la guerre en Irak
  • Apparition de mouvements et d'actions contre la crise écologique ( contre les groupes pétroliers, les groupes de l'eau, pour la dette écologique…)
  • Développement de nouvelles formes de coopération et de solidarités transnationales : coopération décentralisée, commerce équitable, ONG…
  • Création d'un embryon de droit international répondant aux nouveaux défis de la période ( CPI, droit de l'environnement, lutte contre l'impunité…).

Propositions :

Les Verts doivent du local au global impulser quatre batailles transnationales :

  • celle de la solidarité pour le respect fondamentaux des droits humains :

respect des conventions sur les minorités et les peuples premiers ; soutien à l'autodétermination des peuples (Kurdistan, Palestine, Tchétchénie…) ; respect des règles de l'OIT concernant le travail forcé des enfants, le trafic des êtres humains ,et les droits des salariés ; conversion des embargos qui frappent les peuples en boycotts ciblés contre les dirigeants

  • celle de la lutte contre la marchandisation et pour une juste redistribution des richesses
  • celle de la lutte contre la crise écologique ( sortie du nucléaire, refus que le Sud ou les pays dépendants deviennent la poubelle des pays riches, lutte contre les OGM et la biopiraterie, constitution de l'OME... Dans ce cadre les Verts impulseront une action pour le droit de réparation passant par le remboursement de la dette écologique
  • celle d'une nouvelle organisation du monde fondé sur le droit et la prévention des conflits : application effective de la charte de l'ONU et réforme de l'institution et de son système de décision.

Pour entreprendre et gagner ces batailles, les Verts doivent renforcer leur capacité d'action au niveau transnationale en : s'engageant totalement dans la construction de la Fédération des partis Verts européens ; en encourageant la coopération des Verts à l'échelle mondiale par la mise en œuvre de la charte des verts Mondiaux ; en développant en réseau coopératif ( sur le modèle de l'UCIES, expérimenté durant le FSE) un pôle écologiste au niveau transnational ( Verts, Greenpeace, Amis de la Terre, ONG ) en développant des campagnes ciblées avec ce réseau sur les questions écologiques (énergie, eau, réfugiés climatiques, dette écologique, OME…).

En construisant la convergence avec les forces de gauche, démocratiques et la société civile à travers les Forums Sociaux et les différents espaces de convergences qui se mettent en place ( Assemblée Mondiale des femmes, Assemblée Générale des mouvements Sociaux, collectifs anti-guerre….). Cette convergence tout en respectant le cadre unitaire et pluraliste ne doit pas empêcher la confrontation avec les orientations différentes ou contraires à celle des Verts (social libéralisme, extrême gauche, souverainisme…).

En France, les Verts doivent :

  • s'impliquer dans la lutte spécifique contre les tentatives de recolonisation économique des firmes transnationales comme Total, Vivendi, Suez ou Bolloré, particulièrement en Afrique et contre les réseaux politiques qui les appuient.
  • lutter pour plus de transparence et de démocratie dans les choix de politiques étrangère
  • construire de nouvelles politiques publiques en matière de coopération décentralisée, de ville à ville, de régions à régions, et d'une refonte complète de l'Aide Publique au développement à caractère nationale et européenne.