Fiche Politique environnementale planétaire
Un article de Wikiverts.
Sauver la planète
Depuis plus de 30 ans, des cris d'alarme s'élèvent contre les effets désastreux du mode de développement productiviste, en particulier des sociétés industrielles des pays dits "développés". Incapable de réduire les inégalités de toutes sortes, malgré une production quantitative toujours plus grande, ce mode de développement a, en outre, des impacts négatifs sur la qualité de la vie, ainsi que sur les mécanismes complexes de la biosphère, se traduisant de plus en plus souvent par l'aggravation des conséquences de phénomènes spontanés.
Planète en danger
Il est aujourd'hui démontré que les activités humaines entraînent une accélération des bouleversements climatiques et une accentuation de l'effet de serre sans précédent. L'accumulation de déchets, en particulier nucléaires, porte gravement atteinte à l'intégrité de la planète. L'abus de technologies incontrôlables (nucléaires, OGM...) expose les populations, l'ensemble du monde vivant, à des risques inacceptables.
Le rôle des activités et du développement humain
Ainsi, l'essentiel du mode de développement humain, sur le modèle du Nord, est responsable des effets dramatiques du réchauffement planétaire sur les équilibres de la biosphère, mais également, pour une grande part, de la dégradation des ressources planétaires. Sous ses formes actuelles -production industrielle massive, agriculture intensive, absence de maîtrise de la gestion des déchets, surconsommation d'énergies fossiles - il met en danger tant la capacité à répondre justement aux besoins fondamentaux de tous les humains, que la qualité de vie. Il détruit également la diversité biologique, dont la protection et la restauration restent pourtant essentielles ; car le rythme de disparition des espèces connaît une accélération brutale. Les milieux, eux aussi, sont menacés par les activités humaines, en particulier industrielles et agricoles : les habitats, la faune et la flore qu'ils accueillent (zones humides, forêts tropicales, récifs coralliens) continuent de disparaître ou de se dégrader. La pénurie d'eau douce menace. L'utilisation intensive de fertilisants chimiques et de pesticides entraîne une pollution des eaux, des sols et contamine la chaîne alimentaire. La pollution de l'air, l'érosion des sols, s'accélèrent.
L'homme s'installe partout et se développe de manière très anthropocentrique, sans se soucier de la préservation de la Nature. Pourtant, notre planète et ses ressources ne sont pas illimitées ; si nous poursuivons notre développement de cette manière, renverser la tendance et garantir un environnement de qualité pour tous deviendra extrêmement difficile, voire impossible. Et c'est l'avenir même des espèces vivantes du globe qui est donc fortement compromis.
Afin de préserver les générations futures, il nous appartient de sauver la planète, mais aussi de mener des actions immédiates réellement efficaces visant à limiter les graves dégâts déjà en cours. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de l'ensemble du monde vivant, un devoir de retenue dans nos actions et notre activité, pour en préserver toutes les potentialités pour nos descendants. L'avenir même des sociétés humaines exige la prise en compte de la fragilité de la biosphère et de la finitude des ressources. Cela impose une révision en profondeur des modes de production, de consommation et d'usage des espaces, avec pour modèle le développement soutenable. Cela implique la limitation de l'usage des ressources, en particulier non renouvelables, la limitation de la production des déchets et la généralisation du recyclage, ainsi qu'une répartition et un usage rationnel des ressources de la planète.
De même, parce que la pollution a une incidence sur le long terme, on ne peut s'en remettre aux seuls progrès scientifiques et techniques pour réparer les éventuels dégâts. Et parce qu'anticiper coûte moins cher que réparer, il est essentiel de prévenir et d'appliquer les principes pollueur-payeur et de précaution : aucune nouvelle technologie ne pourra être mise en œuvre si les promoteurs ne sont pas capables de prouver son caractère inoffensif sur la santé et l'environnement.
Vers une politique environnementale planétaire responsable
Peu à peu, une réelle prise de conscience est intervenue, et avec elle, celle de la nécessité de protéger les ressources naturelles et de préserver la nature. Depuis le Sommet de la terre de Rio (1992), des Conventions internationales (sur la biodiversité, la désertification, la protection des océans…), et des Protocoles (Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre ou Carthagène sur la biosécurité) ont été signés. Pourtant, la plupart des gouvernements ne se pressent guère pour les ratifier ; et le dernier sommet de Johannesburg n'a pu que constater l'absence flagrante d'avancées en matière de développement durable.
Au niveau européen, les directives communautaires, les lois et textes réglementaires relatifs à la protection de l'environnement sont déjà très nombreux ; d'autres sont en cours de préparation. Et pourtant, les pollutions et nuisances diverses (bruit, etc.) perdurent, la qualité de vie s'améliore rarement, la situation globale de la faune, de la flore, des milieux, des espaces et des ressources naturelles continue de se dégrader.
Un décalage existe donc bien entre, d'une part, les engagements pris par les dirigeants politiques et, de l'autre, l'absence de mesures d'applications de ces engagements. Cela est révélateur, non du fait que les textes sont mauvais ou inadaptés, mais du fait que la volonté politique de les mettre en œuvre et les moyens permettant de le faire font défaut.
Il n'y aura pas de transmission aux futures générations d'une planète vivable si l'environnement n'est pas mis au cœur des préoccupations de nos politiques nationales et internationales, si les moyens politiques, budgétaires et administratifs d'une véritable politique de l'environnement ne sont pas mis en place, à tous les niveaux.
Cette responsabilité repose sur le comportement de tous, de l'individuel au collectif.
PROPOSITIONS
- Créer une Organisation Mondiale de l'Environnement (OME) dotée de moyens suffisants, d'un pouvoir de contrôle et de sanction. Son objet sera de protéger efficacement l'air, l'eau, les milieux naturels et toutes les espèces vivantes.
- Interdire le brevetage du vivant, de tous les gènes, qu'ils soient d'origine humaine, animale ou végétale. Entreprendre une réelle mise en œuvre de diverses conventions (dont celle sur la biodiversité) et du protocole de Kyoto.
- Créer au sein de l'ONU un fonds spécial pour aider les réfugiés de l'environnement (catastrophes naturelles ou provoquées par les dégâts sur le climat et les agressions contre la nature).
Europe
Les Verts se félicitent de l'acquis communautaire en matière de droit de l'environnement (même si son approfondissement reste souhaitable, par exemple pour dissuader l'importation en Europe de bois tropicaux par le biais d'une certification fiable sur l'origine), mais estiment qu'il est indispensable de veiller à ce que sa transcription dans le droit des Etats membres soit effective et que le non-respect des directives soit sévèrement condamné.
Diverses affaires (Erika) ont démontré la nécessité de ne pas déléguer au secteur privé les missions de contrôle et de répression des infractions aux réglementations. De plus, la dimension internationale des activités humaines nécessite le développement d'une approche plus large, et en particulier européenne, des moyens humains et matériels nécessaires au respect des objectifs de sécurité et de protection environnementale.
Il y a donc urgence à développer divers outils de recherche, d'analyse, d'expertises, indispensables à une meilleure "sécurité environnementale" par l'évaluation anticipée des risques, leur gestion, leur contrôle, la surveillance de la qualité de l'ensemble des divers compartiments de l'environnement, humains et naturels. Outils qui ne peuvent plus rester de la seule responsabilité des Etats quand de nombreux paramètres sont transfrontaliers. Outils européens qui devraient, aussi, s'intégrer dans un réseau mondial d'expertises au service de l'OME.
