Crise de l'énergie

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Le monde est de plus en plus "énergivore". La consommation par individu ne cesse de croître dans les pays occidentaux. La population mondiale augmente de plus en plus [1], et tout le monde veut accéder au standard de confort occidental (Chine, Inde, Brésil,...). Est-ce possible ? Tout simplement, non. Que faire ? Permettre aux uns de progresser en incitant les autres (nous) à réduire leur dépendance à l'énergie. Ce dossier présente l'état des sources d'énergie dans le monde et leur consommation. Préoccupant.

Sommaire

L'état actuel

La consommation

La consommation mondiale

Sources, page 5 : History: Energy Information Administration (EIA), International Energy Annual 2001, DOE/EIA-0219(2001) (Washington, DC, February 2003), site web http://www.eia.doe.gov/iea/. Projections: EIA, Annual Energy Outlook 2004, DOE/EIA-0383(2004) (Washington, DC, January 2004), Table A1; and System for the Analysis of Global Energy Markets (2004).

La projection faite ici, est le cas de référence pris par l'administration Américaine, à la source de ces données. Il sera intéressant de voir l'évolution dans les années avenir...

Consommation totale d'énergie en million de tonnes d'équivalent pétrole par région de 1990 à 2025, cas de référence.
Region/PaysHistoire Projections Moyenne Annuelle du pourcentage de modification, 2001-2025
1990200020012010201520202025
Pays Industrialisés
Amerique du Nord 2 534 2 990 2 912 3 389 3 645 3 907 4 197 1.5
Europe Ouest 1 509 1 685 1 718 1 794 1 859 1 932 2 008 0.7
Asie Industrielle 563 692 699 771 807 841 885 1.0
Total Industrialisés 4 606 5 366 5 329 5 954 6 311 6 680 7 091 1.2
Europe Est, Ex Union Soviétique
Ex Union Soviétique 1 529 1 029 1 055 1 163 1 274 1 388 1 507 1.5
Europe Est 393 285 287 323 347 383 399 1.4
Total EE/Ex-URSS 1 923 1 314 1 342 1 487 1 621 1 771 1 906 1.5
Pays en voie de développement
Asia 1 322 2 029 2 143 2 786 3 268 3 792 4 369 3.0
Moyen Orient 329 511 524 629 699 774 860 2.1
Afrique 235 301 314 367 421 479 542 2.3
Amérique Centrale et du Sud 364 529 527 640 715 812 929 2.4
Total Pays en voie de développment 2 250 3 371 3 508 4 422 5 103 5 856 6 700 2.7
Total Monde 8 779 10 052 10 179 11 863 13 036 14 308 15 697 1.8

Ce scénario table donc sur une croissance de l'économie moyenne et une croissance de la consommation mondiale d'énergie de 1,8% par an. Il existe deux autres scénarios :

  • Avec croissance de l'économie faible et une croissance de la consommation mondiale d'énergie de 1,2% par an
  • Avec croissance de l'économie forte et une croissance de la consommation mondiale d'énergie de 2,4% par an

EN 2002, la répartition de la consommation des énergies se répartissait ainsi :

Image:energiemondeparsource.jpg

Soit plus de 80 % de non renouvelable (Pétrole, Gaz, Charbon, Nucléaire)

Le cas du pétrole

Les dernières estimations (8/2005) de l'EIA concernant l'offre et la demande mondiale de pétrole sont les suivante :

Offre et demande de pétrole en millions de barrils par jour
Monde 2004 2005 2006
Offre 83.0 84.6 86.0
Demande 82.5 84.2 86.0

Sources et détails : [2] (en)

À compléter dans les année à venir ...

Sur le graphique suivant il semblerait que la production globale ne progresse plus vraiment depuis début 2005, a-t-on attend les limites de capacité de production ? La demande est pourtant forte.

monthly_total_jan06.jpg

Le cas de l'arméee

Dans le graphique suivant on voit la part de consommation d'énergie du Departement of Defense (DoD) des USA par rapport à l'ensemble de l'administration américaine. C'est édifiant : en 2004, 92% du pétrole de l'administration est utilisé par l'armée (2/3 pour les avions de l'armée de l'air), 56% du gaz, 55% de l'électricité. (Sources [3])

largeur 400

Il serait intéressant de trouver les chiffres de l'armée et de l'administration française...

Des ordres de grandeur à avoir en tête

Issus de "Energie pour tous, faire mieux avec moins", Les Verts, Maryse Arditi, Alain Dorange et la commission énergie des Verts - pas daté, pas de copyright - :

  • Seul dans une voiture, je consomme 6 l/100km, soit 2 fois plus que dans TER, 3 fois plus que dans un train grande ligne, 4 fois plus que dans un TGV.
  • Seul dans une voiture en Île-de-France, soit 2 fois plus que dans bus, 6 à 7 fois plus que dans un RER ou un métro.
  • pour les marchandises, les gros poids lourds consomment 4 à 5 fois plus que le transport combiné ou ferroutage (rail-route) ; et l'avion ou les véhicules utilitaires consomment environ 4 fois plus que le gros poids lourd.
  • La moitié des déplacements en voiture particulière font moins de 3 km.

Les réserves

La source principale d'information est un rapport Allemand : Reserves, Resources and Availability of Energy Resources 2002, Federal Institute for Geosciences and Natural Resources, Hannover [4]. Un petit quiz, proposé en 2002 lors d'un débat sur l'énergie par le gouvernement est amusant... et instructif. Il se focalise sur les énergies fossiles, et ne parle pas d'uranium. Ce qui est normal, puisque l'uranium est un minerai. Pas fossile, mais épuisable lui-aussi...

Pétrole

L'article très fouillé intitulé Qu'est-ce qu'une réserve de pétrole ? donne les explications nécessaires à l'interprétation des données publiées. Il explique les différences entre réserves prouvées - celles qu'on sait d'ores et déjà extraire - , probables - celles qu'on pense pouvoir exploiter à court terme avec des conditions techniques et économiques qu'on peut aujourd'hui espérer - et possibles - celles qu'on pense pouvoir extraire à un terme inconnu -. On synthétise ces évalustions sont le terme de réserve qui regroupe 100% des prouvées, 50% des probables et 25% des possibles.

D'après [5], les réserves 2004 prouvées sont de 1188,6 milliard de barrils de pétrole elles étaient de 1147,71 milliard de barrils en 2003. Soit environ 41 milliard de barils de plus qu'en 2003 et 43 milliard de barils de plus qu'en 2002. Sachant qu'en 2004, le monde à consommé (d'après la même source) 29,47 milliards de barrils (en 2003, 28,57 milliards de barrils), nous aurons consommé, au rythme actuel, toutes les réserves prouvées dans 40 ans (40 ans en 2003). Notons qu'il y a de grandes chances pour que cette consommation continue à progresser dans les années à venir !

Dans l'article cité ci-dessus, J.-M. Jancovici conclut : << Si l'on essaie maintenant de voir qui est "optimiste" et qui est "pessimiste" dans cette discussion sur les réserves, on note un fait intéressant : les "pessismistes" sont plutôt les géologues, c'est-à-dire ceux qui traitent les données techniques du terrain. Les "optimistes" sont ici plutôt les économistes, c'est-à-dire ceux qui prolongent volontiers à l'avenir les tendances passées ("les découvertes et améliorations techniques ont toujours compensé la consommation, donc il en sera de même à l'avenir"). Bien sûr que les "pessimistes" finiront par avoir raison, et les "optimistes" finiront par avoir tort. Le tout est de savoir quand ! (...)

La faiblesse du raisonnement des économistes est évidente : elle repose sur un credo, qui contredit le fait que le monde est fini. Mais le raisonnement des géologues souffre aussi de faiblesses, non sur l'issue ultime, mais sur son échéance précise, car les données géologiques sur la quantité de pétrole qu'il y a sous terre ne sont pas toujours publiques.

La seule chose qui soit publiée est l'estimation, par chaque compagnie cotée à la Bourse de New-York, des réserves dites prouvées, c'est-à-dire du pétrole que la compagnie considère qu'elle parviendra à extraire de manière certaine du sol (la Securities and Exchange Commission, gendarme de la bourse américaine, oblige les compagnies pétrolières à publier cette information). Mais les ressources, c'est-à-dire l'estimation de ce qu'il y a sous terre, ne font elles l'objet d'aucune obligation de publication. >>

Pour avoir les dernières données concernant le pic de Hubbert, on peut consulter le document (en anglais) de J. Laherrere présenté à la conférence ASPO, Lisbone 19-20 mai 2005 [6].

Début 2006, l'agence Petroleum Intelligence Weekly (PIW) a révélé [7] qu'un rapport Koweitien annonçait 48 milliards de barils de réserves (prouvées et non-prouvées), dont seulement 24 milliards ont été confirmés comme prouvés. Les chiffres antérieurs étaient de 99 milliards de barils. Soient une diminution des réserves annoncées de plus de 50% !

Il est important de mentionner que le Koweit n'est pas le seul dans cette situation ; en effet, dès la mise en place du système des quotas (qui relie la capacité de production à l'estimation des réserves) les réserves de pétrole rapportées par l'OPEP auraient doublé. Voici un graphique qui décrit l'évolution des réserves "prouvées" (source BP via [8]):

opec_reserve_growth.gif

Surprenant ce qui se passe vers 1987, non ?

Gaz

<< Pour le gaz, les réserves se définissent exactement de la même manière que pour le pétrole : elles correspondent non pas à ce qu'il y a dans la terre, mais à ce que nous savons en faire sortir. Il y a toutefois une différence de taille, c'est que pour le pétrole le taux de "jaillissement naturel", c'est-à-dire la fraction du pétrole en terre qui sort tout seul sous la pression (du gaz également présent dans la poche, en l'occurrence) est de l'ordre de 20%, alors que pour le gaz nous sommes plus près de 80%. >>

D'après [9], les réserves 2004 prouvées sont de 179529 milliard de m3 de gaz elles étaient de 179207 milliard de m3 en 2003. Soit environ 320 Environ milliard de m3 de plus qu'en 2003 et 950 milliard de m3 de plus qu'en 2002. Sachant qu'en 2004, le monde à consommé (d'après la même source) 2689 milliards de m3 (2603 milliards de m3 en 2003), nous aurons consommé, au rythme actuel, toutes les réserves prouvées dans 66,8 ans (68,8 ans en 2003). Notons qu'il y a de grandes chances pour que cette consommation continue à progresser dans les années à venir !

Charbon

Au cours du temps, les dépôts minéraux passent par différents stades :

  • La tourbe : ne peut pas être qualifiée de charbon. Elle commence à peine à se carboniser et contient seulement 60 % de carbone. C'est un mauvais combustible.
  • La lignite est un charbon fossile qui n'est pas encore arrivée à maturation. Elle a commencé à se former il y a 60 millions d'années environ et contient seulement 65 à 70 % de carbone. Elle brûle mal et produit peu de chaleur donc peu d'énergie.
  • La houille a commencé sa formation il y a 250 à 300 millions d'années. Elle contient entre 80 et 90 % de carbone. Comme elle contient plus de carbone que la lignite, c'est un meilleur combustible.
  • L'anthracite est à peine plus âgé que la houille et contient un peu plus de carbone.

On classera la houille et l'anthracite dans la catégorie des charbons noirs.

Les réserves totales de charbon en 2000 s'élevaient à 670 GT (Milliard de tonnes) : 603 de charbon noir et 67 de lignite. Les USA ont la plus grosse réserve avec environ 203 GT soit ~30% du total, suivis par la Russie (104 GT, ~16%), la Chine (71 GT, 11%), l'Australie (~9%) et l'Inde (~8%). Entre 1997 et 2000, on a trouvé en Russie 88 GT de réserve. De nombreuses données manquent, aussi ces chiffres peuvent être amenés à changer dans le futur.

Nous aurons consommé, au rythme actuel, toutes les réserves connues de charbon noir dans 207 ans et celles de lignites dans 198 ans. Notons que si le charbon venait à remplacer une partie du pétrole dans la production d'électricité, la durée de vie des réserves devrait être revue à la baisse.

Uranium

Les réserves d'Uranium exploitables à faible coût (inférieur à 40$/kg) sont de 1.57 millions de tonnes. Elles sont suffisantes pour alimenter les centrales (actuelle ?) pour 20 ans. Les réserves ultimes, d'après JM Jancovici, seraient de 6 millions de tonnes. Il y a environ 450 réacteurs en service dans le monde. Ils utilisent 64 400 tonnes d'uranium dont 34 000 proviennent de mines. La différence provient des stocks d'armes militaires (en particulier en Russie). Ces "ressources" militaires devraient s'épuiser d'ici une vingtaine d'années.

Dix pays possèdent 99% des réserves exploitables à un coût inférieur à 40$/kg. Quatre pays se partagent 80% des réserves : Autralie (~41%), Canada (~17%), Kazakhstan (~15%) et Afrique du Sud (~8%).

Notons que d'après [10] le prix de l'uranium a triplé dans les 5 dernières années (2000-2005). Les analystes pensent que celà est dû à un investissement très faible dans la chaine de production et à une demande en augmentation.

Résumé

Réserves en années estimées par source d'énergie au rythme de consommation actuel.
Source Réserves sûres Réserves probables et possibles
Pétrole 40 65
Gaz 67 150 à 750
Charbon noir 207 1400
Lignite 198 1260
Uranium 45 450

Les conséquences

Les principales conséquences de l'énorme besoin d'énergie de notre société et de sa dépendance à des énergies non renouvellables sont :

  • L'impact environnemental, et en particulier le changement climatique.
  • L'impact sur l'économie, quels sont les secteurs les plus dépendants, et donc les plus vulnérables.
  • La raréfaction des ressources et les conséquences géopolitiques pour leur maîtrise.
  • Quelles énergies utiliseront les générations futures ?

Le pic de Pétrole (Peak oil)

La consommation d'énergie progresse, et plus particulièrement celle de pétrole. Le pétrole se fabriquant [11] environ 1 000 000 de fois moins vite qu'on le consomme, la terre étant finie, les réserves seront un jours épuisée [12]. Tout le monde est d'accord là-dessus. Les divergences s'opèrent pour savoir quand et si d'ici là on aura trouvé des alternatives économiquement viables.

Mais avant l'épuisement des ressources, il y aura le pic de production. Le moment où le système de production pétrolier ne pourra plus assurer suffisamment pour la consommation totale du monde. Les répercussions économiques devraient être nombreuses. Prix du pétrole qui monte, lutte pour accéder aux réserves, etc.

D'après les dernières évaluations de Rembrandt H. E. M. Koppelaar, Oil Production Outlook 2005-2040, Foundation Peak Oil Netherlands, 6 September 2005 (pdf), il devrait y avoir une augmentation de la production de 2% par an d'ici 2013 jusqu'à 95 milliards de barrils par jour suivi d'une diminution modérée jusqu'à 6% par an.

Un scénario de fin d’un monde

Les réserves de pétrole de la planète s’épuisent. Demain, en 2007, la demande dépassera l’offre. Après-demain le nombre de barils produis baissera, ce sera la fin du pétrole bon marché mais aussi la fin d’un monde.

En 2004 le prix du baril est passé de 30 à 49 $. Cette augmentation n’a rien de conjoncturelle, elle est le signe avant-coureur d’autres augmentations beaucoup plus spectaculaires. Certains économistes pensent que, jusqu'à 70 $ le baril, la demande mondiale continuera à croître. Bien sûr cela ne se fera pas sans casse et en premier lieu dans les transports. Les compagnies aériennes qui se sont spécialisées dans les prix réduits vont disparaître les premières parce que le prix du kérosène entre pour 30% dans le prix du billet !

En 2007, nous assisterons au début de la fin de l’aviation civile de masse. L’échéance est si proche qu’il n’est évidemment pas possible d’imaginer un substitut du pétrole. Pas plus d’ailleurs que pour les 750 millions de voitures disséminées de par le monde. Le parc automobile mondial ne se reconvertira pas en deux ans… ni même en dix. L’humanité va être confrontée à une crise majeure.

Un cycle de crise

Ensuite tout ira très vite, le cycle des crises est connu. Si, pour se fixer les idées, nous le calquons sur les quinquennats présidentiels cela donne : 2007-2012 inflation ; 2012-2017 récession ; 2017-2022 dépression, au sens de la crise de 1929 ; 2022-2027 effondrement. Cela veut dire que dans 20 ans il n’y aura plus du tout d’aviation civile de masse. Il y aura des avions d’affaires, des avions militaires mais Air France, Loufthansa, Delta air line… auront disparu. Cette éphéméride n’est pas l’œuvre de Nostradamus ou de madame Soleil, c’est le député Yves Cochet qui l’égraine. Il n’est pas le seul à tirer la sonnette d’alarme. Jean Laherrère, membre de l’Association for the Study of Peak Oil (ASPO), déclarait en décembre dernier dans les colonnes du journal La décroissance : « Les compagnies internationales sont au maximum de production, elles sont bien obligées d’avouer que ça ne pourra plus continuer». Benjamin Dessus, ancien directeur du programme ECODEV au CNRS, président de l'Association Global Chance, précise pour sa part que même si les émissions de CO2 liées à la combustion du pétrole s’arrêtaient demain ce n’est pas pour autant que nous échapperons au déréglemente climatique. Le choc est certain, disent-ils tous, ajoutant immédiatement qu’il est possible d’en atténuer la violence en optant dès aujourd’hui pour une gestion démocratique de la crise et la sobriété énergétique. (Luc Blanchard)

2013, la fin du pétrole

Le 15 février 2005 Canal + lançait une nouvelle émission : C’est déjà demain. Des invités étaient là pour débattre mais surtout un film introduisait le sujet… 2013, la fin du pétrole.

L’intrigue du film de Stéphane Meunier repose sur un argument et un seul : les réserves pétrolières sont sciemment sur évaluées, on nous ment ! En mêlant des interview de personnalités à une fiction menée tambour battant l’auteur rend crédible son film catastrophe.

Mensonge sur les réserves Dans les années 1980 les compagnies pétrolières ont commencé à surévaluer leurs réserves. Arguant des avancées technologiques qui permettent d’exploiter de nouveaux gisements, elles ont gonflé leurs réserves de 30 et bientôt 50%. Les pays producteurs ont fait de même : en 1984, l’Irak revendiquait 43 milliards de barils de réserve, en 1988, 100 milliards. En 1984, l’Arabie Saoudite annonçait 166 milliards de barils, en 1988, 258 milliards. Des évaluations très rentables puisqu’en manipulant les chiffres les uns voyaient leurs actions en bourse s’envoler, les autres obtenaient des prêts avantageux. Malgré le renchérissement du prix du pétrole le système tint le coup jusqu’en 2013. Là, une action terroriste concertée coupe l’approvisionnement et en dix jours le monde sombre dans le chaos.

Un scénario crédible La fiction de Stéphane Meunier s’appuie sur de nombreux interview. - Nicolas Sarkis, directeur de la revue Pétrole et Gaz Arabe : « Dans les années 1980 les pays de l’Opep ont procédé à des réévaluations complètement inattendues et considérables de leurs réserves prouvées. Tant et si bien qu’en quelques années leurs réserves ont augmenté de 80% (…) Il n’y a pas d’organisme indépendant qui vérifie les chiffres avancés par les pays concernés. » - Jacques Attali, président de Planet finance : « Il est vraisemblable que vers 2020 se situe le début d’un déclin rapide de la quantité de pétrole disponible. » - Jérémy Rifkin, directeur de la fondation Economic trends : « Le déclin va-t-il commencer vers 2010 comme le pensent les pessimistes ou en 2040 comme le pensent les optimistes ? Au regard de l’histoire cet écart de 20 ans est insignifiant. » - Yves Cochet, député de Paris, les Verts : « Ce n’est pas à proprement parlé la fin du pétrole, il reste sous terre d’importantes réserves. C’est la fin du pétrole bon marché et plus généralement de l’énergie bon marché. Et ça, c’est un changement de monde. » Ces brèves incises injectées dans la fiction crédibilisent la thèse du réalisateur : quand le pétrole viendra à manquer, toute notre société s’écroulera d’un coup. (Luc Blanchard)

Impact sur l'alimentation (Nous mangeons du pétrole)

Plus de 80% de la valeur du marché alimentaire est issue des grandes chaînes mondiales contrôlées par les distributeurs, tandis qu’environ 15% de cette valeur provient de marchés locaux ou de petits commerces indépendants spécialisés, et quelques pourcents de l’agriculture fermière. Le tableau énergétique suivant est évalué pour ces 80%.

Tableau de l’énergie et du pétrole nécessaires à la production d’un kilogramme de produit alimentaire (et d’un kilogramme de son contenu en protéines) en système productiviste, type PAC + chaînes agroalimentaires, de la fourche à la fourchette. L’énergie est exprimée en litre équivalent pétrole (lep). [David Pimentel and Marcia Pimentel : Food, Energy, and Society, University Press of Colorado, 1996]
ELEVAGE Energie totale (en lep) Pétrole (en litre) CEREALES Energie totale (en lep) Pétrole (en litre) FRUITS ET LEGUMES Energie totale (en lep) Pétrole (en litre)
Poulet 2 1 Maïs 1,5 1 Pommes 0,5 0,2
Poulet protéine 6 4 Maïs protéine 4 3 Pommes protéine 31 24
Lait 2 1 Avoine 1,5 1 Oranges 0,5 0,2
Lait protéine 7 5 Avoine protéine 3,5 2,5 Oranges protéine 6 4
Œufs 3 1,5 Blé 1,5 1 Pommes de terre 1 0,5
Œufs protéine 9 7 Blé protéine 3,5 2,5 Pommes de terre protéine 4 3
Bœuf 3 1,5 Riz 1,5 1 Epinards 1 0,5
Bœuf protéine 12 9 Riz protéine 7 5 Epinards protéine 2 1,5
Porc 4 2 Soja 1,5 1 Tomates 1 0,5
Porc protéine 22 16 Soja protéine 2 1,5 Tomates protéine 3 2
Agneau 6 3
Agneau protéine 32 23

L’expression « de la fourche à la fourchette » indique que nous avons évalué toutes les consommations énergétiques depuis la ferme jusqu’à l’assiette, en comptant donc l’énergie requise par les travaux et les intrants agricoles, puis le traitement et la transformation par l’industrie alimentaire, les opérations de conditionnement et d’emballage, les transports et la distribution, les courses, la conservation et la cuisson (sauf pour les pommes et les oranges). Les transports sont partout présents dans la chaîne agroalimentaire.

Tous les chiffres de ce tableau correspondent à un transport forfaitaire de 1000 km par camion. Si un kilogramme de produit alimentaire a effectué un trajet plus long, il faut ajouter environ 0,1 litre de pétrole par millier de km supplémentaire. Si le trajet de 1000 km a été effectué par avion, il faut estimer la dépense énergétique à 0,5 litre de kérosène par kilogramme d’aliments. Les chiffres indiqués dans le tableau sont des moyennes. De grandes variations peuvent être constatées autour de ces moyennes selon les produits et selon les pays.

Nous n’avons pas pris en compte les dépenses énergétiques post-consommation domestique (traitement des déchets). Tous les calculs, ou presque, ont été effectués à partir des données contenues dans l’ouvrage de David Pimentel and Marcia Pimentel : Food, Energy, and Society, University Press of Colorado, 1996.

Si l’on distingue les trois régimes alimentaires « non-végétarien », « lacto-ovo-végétarien » et « végétarien pur », nous pouvons conclure que, en moyenne, le premier régime consomme deux fois plus d’énergie que le troisième, le second se situant entre les deux. Une politique de sobriété énergétique dans l’alimentation suivrait trois orientations opposées à celles d’aujourd’hui. L’alimentation serait plus locale, plus saisonnière, plus végétarienne.

Voir aussi le récent article (en cours de traduction) Nous mangeons du pétrole, qui dissèque les besoins de l'agriculture (Américaine) moderne en énergie. La phrase clef : Le système d'alimentation Américain consomme 10 fois plus d'énergie qu'il produit en nourriture. Cette asymétrie repose sur les stocks de pétrole fossile non renouvelable. Qui parle de développement durable ?

Impact environnemental

Les impacts sur l'environnement de notre boulimie d'énergie sont liés à :

  • la production
  • le transport et ses risques
  • les déchets et rejets

Impact sur l'économie

L'industrie du transport (aviation, automobile) et celles qui y sont liées (tourisme, grande distribution)...

Quel sens la croissance a-t-elle dans ce contexte ? Les bourses mondiales, les actionnaires pourront-ils longtemps réclamer des progressions de plus de 10% par an ? Que deviendra alors le système de retraite qui repose sur cette hypothèses ? N'oublions pas que les retraites, c'est le long terme... comme les réserves de pétrole !

Quelques indication sur l'évolution du coût des matières premières. Sources : [13], [14]

Coût des matières premières
2001 2004 2005 prévision à court terme
Pétrole $26-30/brl $33-42/brl $60/brl
Gaz Naturel $ 2.7-4.7/MBtu $ 4.5-5.8/MBtu
Charbon $27-40/t $30-72/t
Uranium $8-10/lb $29.50/lb $50-100/lb

Impact géopolitique

Qui maitrisera les réserves le plus longtemps ? Où sont les plus grandes réserves ? Probables futures zones de conflits...

Et nos descendants ?

Peut-on vraiment dire "après moi le déluge" ou "je ne savais pas" ... Quelques éléments de solution dans les paragraphes suivants.

Une autre vision : toutes ces craintes sont infondées !

Un livre écrit en janvier 2005 par deux experts en énergie (Peter W. Huber and Mark P. Mills) intitulé The Bottomless Well: the Twilight of Fuel, the Virtue of Waste, and Why We Will Never Run Out of Energy (Le Puits sans Fond : le crépuscule du carburant, la vertu du gaspillage, et pourquoi nous ne manquerons jamais d'énergie) prend le contrepied de tout ce qui est décrit ici.

L'article Energy myth: nary a scarcity with such standards de Paul Weyrich du 26 April 2005 en fait le commentaire... [15]

Sans présumé du contenu que je n'ai pas encore lu, cet article commence par un sophisme ; comme on a déjà fait des prévisions fausses... celle-là (la crise de l'énergie) ne doit pas manquer de l'être ! En tout cas le débat mérite d'avoir lieu.

Les solutions

Dans une hypothèse optimiste (ou volontariste) de dire qu'on ne change pas de société, ni de mode de vie. Comment pourrait-on assurer la fourniture de notre boulimie d'énergie ?

Passons en revue quelques solutions possibles :

  • produire différemment
  • les biocarburants

Mais, comme nous le verrons cette hypothèse n'est pas tennable, sauf découverte scientifique de premier plan dans les années à venir (maîtrise de la fusion thermonucléaire, univers parallèle source d'énergie, ;-) ...) la solution à mettre en oeuvre est de moins consommer.

Le programme des Verts est souvent jugé "utopiste". Mais qui rêve le plus entre celui qui croit pouvoir continuer à consommer toujours plus d'énergie et celui qui veut préparer le changement de société ? Apprendre à partager n'est pas utopiste, c'est vital !

Produire différemment

Il est tout naturel de multiplier les sources de production d'énergie et en particulier des sources renouvelables le solaire, l'éolien, le géothermique, l'hydrolien, la biomasse.

Voir l'article en anglais synthétique, mais peu argumenté, Bridging the Gap: Alternatives to Petroleum [16]

Les biocarburants

La nature produit continuellement du pétrole, d'accord près d'un millions de fois moins qu'on en consomme par unité de temps ! (voir développement durable), mais elle en produit. On peut également accélérer le processus en utilisant des biocarburants, à partir donc de production agricole... Une analyse intéressante sur [17] conclut que :

  • pour la France : << Il apparaît donc que jamais les biocarburants ne permettront de conserver l'abondance actuelle de carburants liquides, et il s'en faut de beaucoup. Espérer 20% des carburants routiers actuels à partir de biocarburants (rendement net), soit 15 Mtep environ, est probablement une limite haute, dans un cas de figure très favorable.>>
  • pour le monde :<< ... nous disposons actuellement de 1.400 millions d'hectares de terres arables (source FAO). Avec la petite correspondance (...) de 1 tonne de carburant pour un hectare cultivé (contrairement à ce qui est souvent indiqué, la productivité primaire des écosystèmes tropicaux n'est pas nécessairement supérieure à celle des régions tempérées), nous voyons qu'en mettant toutes ces terres en cultures nous obtiendrions 1400 millions de tonnes d'équivalent pétrole, alors que le monde en consomme aujourd'hui.....3500 millions de tonnes. Bref, en ne mangeant plus, nous pourrions faire rouler 40% de nos voitures au biocarburant !>>

Bref, Jean-Marc Jancovici conclut qu'<<affecter 10% des surfaces agricoles à des biocarburants permettrait une production nette de l'ordre de 4% de la consommation actuelle de produits pétroliers, pouvant monter jusqu'à 10% en cas d'hypothèses très favorables. Même en supposant que nous pourrions, sous les tropiques, planter des variétés beaucoup plus productives en huile, nous n'y sommes pas pour rouler entièrement au biocarburant, et il s'en faut de beaucoup.>>

L'énergie marine

L’énergie de la mer se caractérise par un gisement potentiel gigantesque et renouvelable !

La production de l’énergie marine qui utilise l’effet des marées ou des vagues ou des courants, intéresse l’Europe. Les projets les plus aboutis et les plus ambitieux sont d’ailleurs européens. On peut aussi évoquer, ailleurs dans d’autres régions du monde, l’utilisation de l’énergie thermique des mers (ETM) et ses dérivés, comme l’utilisation des eaux froides du fond, en cours d’étude dans la zone intertropicale. La climatisation par utilisation de ces eaux est déjà une réalité et, très bientôt, un hôtel de Bora Bora, en Polynésie française, va recourir à ce procédé.

Actuellement (2007), la consommation énergétique de l’UE repose sur le pétrole à 41%, puis sur le gaz (23%), le charbon (15%), le nucléaire (15%) et les énergies renouvelables à hauteur de 6% seulement. La menace de changement climatique au niveau planétaire et les risques pesant sur la sécurité énergétique contraignent l’Europe à diversifier ses sources d’approvisionnement en faisant de plus en plus appel aux énergies renouvelables. L’UE veut faire passer la part des énergies renouvelables de 6% en 2007 à 12% d’ici à 2010. Ainsi, au titre du 6e programme-cadre de recherche (PC6 2003-2006), l’UE consacrera 810 millions € aux sources d’énergie renouvelable.

Pour plus de détails sur les différents procédés et les expérimentations dans le monde, en France et dans le Finistère, voir l'article plus complet consacré à l'énergie marine.

L'hydrogène

L'hydrogène est l'élément le plus commun dans l'univers, associé à l'oxygène, il permet de produire de l'énergie... Le problème, c'est que sur Terre, l'hydrogène doit être isolé des autres éléments. Pour celà il faut de l'électricité ! On dit que l'hydrogène est une source secondaire ; il faut une primaire pour la produire. (A développer...)

La fusion thermonucléaire

Principe

La fusion thermonucleaire pourrait bien être à même de produire de l'énergie (sous forme de chaleur, transformée en électricité) à partir d'isotopes de l'hydrogène : des atomes d'hydrogène contenant un ou deux neutrons supplémentaires, appelés respectivement deutérium (D) ou tritium (T).

Le principe est relativement simple : la fusion d'un atome de deutérium avec un atome de tritium produit un noyau d'hélium plus un neutron rapide. C'est ce neutron qui porte l'énergie récupérable sous forme de chaleur, lorsqu'il interagit avec la matière qui l'environne.

Les constituants de base sont peu, voire pas du tout radioactifs (période de demi-vie du tritium : 11,2 années, le deutérium n'est pas radioactif). Cette méthode semble donc être la panacée universelle concernant la production d'énergie. Deux voies principales sont explorées, concernant la fusion nucléaire :

  • la fusion inertielle : De micro-capsules sphériques renfermant de minuscules doses de deutérium et tritium sont "comprimées" à une cadence très élevée par des faisceaux laser. L'énergie libérée par le fusion de ces capsules est récupérée quasi-instantanément, et le cycle recommence.
Les principaux problèmes de cette approche sont : la difficulté à produire ces micro-capsules (et donc leur coût), et la complexité du système : les cycles doivent enchaîner récupération d'énergie, mise en place d'une capsule et compression de celle-ci de manière très rapide et extrêmement précise.
  • la fusion magnétique : Les composants, deutérium et tritium, sont placés dans une enceinte puis "chauffés" jusqu'à l'obtention d'un plasma, c'est à dire d'un milieu où les électrons se désolidarisent du noyau. Le plasma est appelé "quatrième état de la matière", et se comporte comme un fluide électriquement chargé. Comme aucun matériau ne peut supporter les températures nécessaires au déclenchement du processus de fusion, l'enceinte n'est pas matérielle mais magnétique : de multiples champs magnétiques peuvent contenir le plasma, puisque celui-ci est électriquement chargé. Les électrons suivent alors un parcours complexe qui les confine, et les noyaux d'atomes le chemin inverse (puisque leur charge est opposée).
Les principaux problème de cette voie résident dans la complexité du champ magnétique servant à confiner le plasma. Ce domaine d'étude est appelé Magnéto-Hydro-Dynamique ou MHD, et combine les difficultés de la mécanique des fluides avec celles de l'électromagnétisme. Des mécanismes complexes interviennent dans le confinement du plasma, car celui-ci a une action sur les champs magnétiques à cause de son déplacement.

L'initiative du réacteur expérimental ITER est chargé, pour les années à venir, d'étudier tout ces phénomènes mal compris. Mais le projet est très controversé...

Ressources

Les ressources en deutérium sont considérables, puisqu'il peut être extrait de l'eau de mer pour un coût énergétique modique; quant au tritium, il devrait pouvoir être produit au cours même de la réaction de fusion (magnétique) à partir de lithium, dont les ressources semblent immenses en rapport de la faible consommation de réactifs que nécessite la fusion.

Limites

Dans les deux cas toutefois, de la radioactivité est produite par les neutrons rapides issus de la réaction de fusion. Ces neutrons "activent" les matériaux qui sont censés récupérer leur énergie. Toutefois, cette radioactivité induite est bien moindre que dans les réacteurs nucléaires "classiques" qui fonctionnent sur le principe de la fission d'atomes lourds (comme l'uranium).

Le développement de cette technologie est en cours, et on estime environ à 50 ans le délai encore nécessaire pour pouvoir dire si elle s'avère faisable ou rentable. Rien ne garantit en effet que l'on puisse résoudre les problèmes inhérents à cette méthode. Quand bien même la fusion serait réalisable, elle demeurerait complexe à mettre en oeuvre, et globalement aussi coûteuse que les autres modes de production d'énergie.

Moins consommer

Moins consommer ! Mais comment ?

  • Partager les moyens de transport (transport en commun, covoiturage)
  • Pour les petits trajets favoriser la marche ou le vélo
  • Habiter de petites maisons, construite pour l'économie
  • Utiliser un levier politique fondamental : la taxe ! (réaction voire onglet discussion)

Points de Vues

Trois questions à Yves Cochet, député Vert de Paris, ancien ministre de l’environnement.


Vert : Où en est la loi d’orientation sur l’énergie votée en première lecture à l’assemblé au printemps dernier ?

Yves : Cette loi, qui doit définir les grandes orientations en matière d’énergie pour les 30 ans à venir, doit revenir du Sénat au printemps prochain. Comme en première lecture, les Verts déposeront des amendements, moins sur le détail de la loi que sur le fond. Nous proposerons trois grandes orientations : Sortir du nucléaire et du pétrole en 25-30 ans ; Promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétique ; Développer les énergies renouvelables. Pour prendre un exemple concret, nous proposons que soit créé un protocole onusien pour gérer l’amont du cycle des énergies. Les hydrocarbures sont un bien commun de l’humanité, il faut donc qu’il y ait une gestion internationale et publique des réserves. En ce qui concerne plus spécifiquement le pétrole, il faut rationner la production et la consommation. Comme il y a le protocole de Kyoto qui impose un rationnement des émissions de gaz à effet de serre, chaque pays importateur de pétrole devrait réduire sa consommation de l’ordre de 2,5 à 3% par an. Une autre mesure, parmi les cents que nous avons proposées, est qu’il soit interdit d’importer, de construire et de vendre des voitures de cylindrée supérieure à 1,5 litre. A l’assemblée, ils étaient pliés de rire en disant « vous voulez tuer Renault et Peugeot ». En réalité c’est une politique à laquelle nous serons contraints de toute façon.

Vert : Les mesures dont tu parles sont en rupture complète avec les politiques actuelles.

Yves : Oui, elles peuvent paraître sévères mais elles sont réalistes. Il faut mesurer que la crise énergétique que nous allons connaître est la plus grande épreuve qu'ait jamais affronté l’humanité. C’est un peu comme le Tsunami, il n’était pas possible d’éviter la vague mais le choc aurait pu être amorti si des mesures adaptées avaient été prises à temps.

Vert : Dans ce contexte quel rôle les Verts peuvent-ils jouer ?

Yves : On me dit souvent « c’est vrai, la fin du pétrole bon marché est un problème », ce qui est sous-entendu c’est qu’il s’agit d’un problème parmi mille. Moi je dis non, c’est LE problème. Pour les législatives, les présidentielles et les municipales de 2008 il faut que les Verts fassent de la sobriété énergétique la clef de leur programme. L’avantage de l’écologie politique c’est qu’elle peut se traduire dans la vie quotidienne. Il faut que nous disions que notre projet en matière de transport c’est « moins vite, moins loin, moins souvent ». En matière de politique alimentaire cela pourrait se décliner en « plus saisonnier, plus local, plus végétal » et ainsi de suite.

Conclusion

Le débat énergétique prend de l'ampleur. En 2003, un grand débat nationnal a eu lieu [18], des émissions dans les médias se multiplient. Et alors... les politiques changent-elles ? Les discours changent-ils ?

Que faire ? Poser des questions aux politiques pour les mettre devant leur ignorance ou leurs contradictions ! Des rapports existent, des conclusions sont claires... mais pourquoi rien ne change ?

L'économie est en roue libre. Le politique ne gère plus, il s'est déchargé de sa responsabilité. L'économie, elle, gère à courte vue ; son but est de produire des richesses ici et maintenant. Sans contre-pouvoir, sans régulation politique, sans vision, sans contraintes, l'économie va tomber, littéralement, en panne sèche.

Que faire ? convaincre autour de soi de :

  • se déplacer moins,
  • privilégier le vélo, la marche, les transports en commun (hors avion),
  • manger moins de viande,
  • acheter ce qui est produit localement,
  • consommer moins,
  • baisser la température de son chez soi,
  • coopérer, mutualiser,
  • ...

Est-ce bien utile ? "Ce que je ne consomme pas d'autres le consommeront !" Probablement. Et alors, nous serons prêts quand le robinet d'énergie facile se tarira.

Voici ce que les Verts proposent dans leur programme 2004:

Références et Liens externes

En français :

  • Le rapport du GIEC (Groupe d'Expert Intergouvernemental International sur l'Evolution du Climat) de 2001 (Lié à l'ONU) [19] (pdf)
  • Un dossier très documenté et des analyses sur l'énergie nucléaire [20]
  • Un rapport officiel du sénat de 2002, "L'évaluation de l'ampleur des changements climatiques, de leurs causes et de leur impact prévisible sur la géographie de la France à l'horizon 2025, 2050 et 2100" [21]
  • Un site d'expert (Jean-Marc Jancovici), très fourni, à lire [22]
  • Réseau Action Climat France [23]
  • Dautray Robert, Quelles énergies pour demain, Odile Jacob, 2004
  • Wingert Jean-Luc, "La vie après le pétrole: De la pénurie aux énergies nouvelles" Editions Autrement, 2005
  • Nucléaire : l'illusion de la génération IV [24]


En anglais :

  • Energy Watch Group reports [25] Crude oil, the supply outlook - Uranium resources and nuclear energy - Coal : resources and future production
  • Reserves, Resources and Availability of Energy Resources 2002, Federal Institute for Geosciences and Natural Resources, Hannover [26] (pdf) note
  • World Proved Reserves of Oil and Natural Gas, Most Recent Estimates, 29 juin 2005 [27]
  • Energy Administration Information : des données des prospectives des analyses de l'administration Américaine [28]
  • Site de géologues qui étudient le "pic" de gaz et de pétrole [29]
  • Site sur la crise du pétrole [30]
  • BP Statistical Review of World Energy 2004 [31]. Une application (applet Java) qui trace de nombreuses courbes de consommation, production, réserve. [32]
  • The Coming Global Energy Crisis website [33]
  • Un portail personnel sur la crise de l'énergie [34]
note 
Notez sur la dernière page du document Reserves, Resources and Availability of Energy Resources 2002, une sorte de copyright, c'est édifiant. (mais ça a l'air de n'avoir qu'une portée en Allemagne.)
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Annexes

Consommation par grand "acteur" en millions de tonnes équivalent pétrole de 1990 à 2025

Consommation totale d'énergie en million de tonnes d'équivalent pétrole par région de 1990 à 2025, cas de référence.
Region/PaysHistoire Projections Moyenne Annuelle du pourcentage de modification, 2001-2025
1990200020012010201520202025
Pays Industrialisés
Amerique du Nord 2 534 2 990 2 912 3 389 3 645 3 907 4 197 1.5
- USA 2 131 2 503 2 446 2 817 3 018 3 224 3 439 1.4
- Canada 278 331 315 388 417 441 465 1.6
- Mexique 126 156 151 185 210 242 293 2.8
Europe Ouest 1 509 1 685 1 718 1 794 1 859 1 932 2 008 0.7
- Royaumes Unis 234 246 247 261 271 283 295 0.7
- France 222 261 265 298 310 324 337 1.0
- Allemagne 373 357 362 373 381 391 401 0.4
- Italie 177 201 204 214 223 232 241 0.7
- Hollande 85 99 107 110 114 118 122 0.6
- Autres Europe Ouest 418 520 533 537 560 584 613 0.6
Asie Industrielle 563 692 699 771 807 841 885 1.0
- Japon 452 548 552 603 623 641 662 0.8
- Australie/Nouvelle Zealand 111 144 147 168 183 200 223 1.8
Total Industrialisés 4 606 5 366 5 329 5 954 6 311 6 680 7 091 1.2
Europe Est, Ex Union Soviétique
Ex Union Soviétique 1 529 1 029 1 055 1 163 1 274 1 388 1 507 1.5
- Russie 991 690 711 791 852 911 965 1.3
- Autre Ex-URSS 538 339 345 373 422 477 542 1.9
Europe Est 393 285 287 323 347 383 399 1.4
Total EE/Ex-URSS 1 923 1 314 1 342 1 487 1 621 1 771 1 906 1.5
Pays en voie de développement
Asia 1 322 2 029 2 143 2 786 3 268 3 792 4 369 3.0
- Chine 681 931 1,000 1 376 1 654 1 958 2 294 3.5
- Inde 196 319 322 413 492 584 682 3.2
- Corée du Sud 95 199 203 256 284 309 335 2.1
- Autre Asie 350 580 617 741 838 941 1,058 2.3
Moyen Orient 329 511 524 629 699 774 860 2.1
- Turquie 50 76 73 94 105 116 127 2.3
- Autre Moyen Orient 280 435 451 535 594 657 733 2.0
Afrique 235 301 314 367 421 479 542 2.3
Amérique Centrale et du Sud 364 529 527 640 715 812 929 2.4
- Brésil 150 228 221 265 304 347 396 2.5
- Autre Amérique Centrale et du Sud 214 302 306 375 411 465 533 2.3
Total Pays en voie de développment 2 250 3 371 3 508 4 422 5 103 5 856 6 700 2.7
Total Monde 8 779 10 052 10 179 11 863 13 036 14 308 15 697 1.8